Collégienne kosovare expulsée : la gauche se déchaîne contre Valls

Le Parti de gauche, le PC mais aussi des membres du PS ne lésinent pas sur les critiques envers le ministre de l'Intérieur.

Le ministre de l\'Intérieur Manuel Valls, le 11 septembre 2013, lors d\'une visite à Chambéry.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le 11 septembre 2013, lors d'une visite à Chambéry. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

L'expulsion de Leonarda, cette collégienne rom kosovare de 15 ans remise à la police lors d'une sortie scolaire pour être renvoyée avec sa famille vers le Kosovo, suscite, mercredi 16 octobre, la colère d'une partie de la gauche, y compris des socialistes. Cible des attaques : le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. 

Des socialistes indignés

De nombreux socialistes ont exprimé leur désaccord avec les circonstances et la mesure prise à l'encontre de la collégienne scolarisée dans le Doubs. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a évoqué dans un tweet "les valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger, sous peine de perdre son âme".

Le porte-parole du PS, David Assouline, a parlé, également sur Twitter, d'une scène "insupportable et inacceptable". Le député Bernard Roman est allé jusqu'à parler de "rafle", évoquant un "devoir non seulement d'indignation, mais d'insurrection". Quant à Harlem Desir, le premier secrétaire du PS, il a pour sa part estimé que "Leonarda d[evait] pouvoir revenir dans sa classe", en attendant le résultat de l'enquête administrative lancée par le ministère de l'Intérieur.

Dans les rangs du gouvernement enfin, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, a demandé qu'on "sanctuarise l'école" pour "que cette situation ne se renouvelle pas"Il a assuré cependant qu'"il n'y avait pas de polémique".

FRANCE 2

La gauche de la gauche réclame la démission de Valls

Le Parti de gauche (PG) a "exigé" mercredi la démission de Manuel Valls, qualifié de "ministre indigne de la République". La veille, le parti de Jean-Luc Mélenchon avait déjà lancé "La lepénisation des esprits a décidément pris ses quartiers place Beauvau." Le compte Twitter de Jean-Luc Mélenchon s'est fendu d'un message encore plus explicite mercredi matin.

De son côté, le PCF a qualifié d'"abomination" l'expulsion de la collégienne. "Cette arrestation est révoltante", écrit le parti de Pierre Laurent. Les écologistes ne sont pas en reste, les coprésidents du groupe écologiste à l'Assemblée, Barbara Pompili et François de Rugy, ont réclamé un réexamen du dossier de la famille kosovare "en vue d'un retour rapide", condamnant "fermement les explications du ministère de l'Intérieur".

Manuel Valls répond

En marge d'un déplacement à Lorient, le ministre de l'Intérieur a répondu aux attaques. Il a dit comprendre "toutes les émotions" suscitées par cette action, tout en déclarant que "cette reconduite à la frontière s'[était] déroulée dans le respect du droit, dans le respect des personnes". Commentant la polémique, il a également réclamé "que chacun garde son sang-froid", ajoutant que les règles étaient "appliquées avec intelligence, discernement, humanité" par ses services.

Jean-Marc Ayrault attend les résultats de l'enquête

Le débat s'est poursuivi à l'Assemblée nationale, mercredi après-midi, lors de la séance des questions au gouvernement. Dans une question au Premier ministre, Christian Jacob, président du groupe UMP, lui a demandé de "ne pas transiger avec le respect absolu de la loi". Jean-Marc Ayrault a répondu que "la base de l'Etat républicain, c'est le droit, mais c'est aussi l'humanité et la fraternité".

Le Premier ministre a annoncé que les résultats de l'enquête administrative diligentée à la suite de cette affaire seraient connus "sous 48 heures". "En fonction des résultats, je prendrai toutes mes responsabilités", a-t-il assuré. "S'il y a eu faute, l'arrêté de reconduite à la frontière sera annulé. Cette famille reviendra pour que sa situation soit réexaminée en fonction de notre droit, de nos pratiques et de nos valeurs", a-t-il assuré.