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Eva Joly dévoile son "projet de réconciliation"

La candidate écologiste présente aujourd'hui les principales propositions de son programme présidentiel.

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France Télévisions
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Eva Joly lors de son premier meeting de campagne à Roubaix (Nord) le 12 février 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)

68 pages, 115 propositions et cinq priorités : Eva Joly a rendu public son projet présidentiel, samedi 11 février, à l'occasion de son premier meeting de campagne à Roubaix (Nord). Lors d'une conférence de presse organisée quelques heures avant le meeting, auquel 1 200 personnes ont assisté, la candidate écologiste a détaillé le contenu de ce livre-programme, dont l'ambition est de "réconcilier les Français entre eux" après le "quinquennat de division" qu'a mené, à ses yeux, Nicolas Sarkozy.

Dans l'ensemble, beaucoup de propositions déjà évoquées ces derniers mois, mais également quelques nouveautés. A l'instar de sa volonté de "supprimer dans l'article 1 de la Constitution la référence à la race"comme l'a demandé il y a trois jours la Licra, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme. "Il n'y a qu'une seule race humaine", a-t-elle insisté, alors que la Constitution précise que la France "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction (...) de race (...)", sous-entendant de fait qu'il y en aurait plusieurs. 

Autre proposition nouvelle, la mise en place de "class action". La procédure existe déjà aux Etats-Unis, et permet à des victimes d'un même préjudice (sanitaire, écologique, etc.) de saisir ensemble la justice, plutôt que via des actions individuelles. Une proposition déjà émise par François Hollande, pas plus tard que lundi dernier comme le soulignait le JDD.fr, et à laquelle le Medef s'est déjà opposé par le passé.  

• Environnement

"Objectif 'Triple zéro' : zéro OGM, zéro gaz de schiste, zéro autoroute supplémentaire" : avec sa loi d'urgence écologique, Eva Joly résume son point de vue sur les énergies et sa vision de l'environnement. Elle prévoit aussi de convertir au minimum 20 % des surfaces agricoles utiles à l'agriculture biologique d'ici la fin du quinquennat, pour que les cantines ne proposent que de la nourriture bio.

Eva Joly prévoit une sortie du nucléaire définitive, en 20 ans, et non pas une diminution de la part du nucléaire comme François Hollande. Elle souhaite aussi que 40 % de l'énergie soit produite par les énergies renouvelables dès 2020. Une transition écologique qui permettrait, selon elle, de créer un million d'emplois dans les huit prochaines années.

• Education et jeunesse

Eva Joly propose deux mesures phares en la matière : un crédit de huit années de "formation tout au long de la vie" à partir de 16 ans, et un plan national d'éducation à la préservation de la nature. La candidate EELV propose aussi la création de 400 000 places d’accueil de jeunes enfants et d'un congé parental transformé en crédit-temps à parts égales entre parents. 

Eva Joly veut également reconstruire la carte scolaire avec le principe de la "mixité sociale maximale". Elle veut faire en sorte qu'aucun enseignant ayant moins de cinq années d’exercice soit nommé contre son gré en zones sensibles. Et de proposer la création de "l'école fondamentale", "regroupant les enseignements primaire et secondaire pour scolariser les enfants de 6 à 16 ans sans rupture ni sélection"

Sur la création de postes dans ce secteur, Eva Joly se veut moins ambitieuse que François Hollande : elle souhaite le recrutement de 20 000 enseignants et cadres éducatifs, là où le candidat socialiste souhaite rétablir 60 000 postes.

• Emploi et retraites

Eva Joly veut créer un million d'emplois d'ici 2020. Elle propose un "pacte pour les PME" qui favorisent les entreprises contribuant à la transition écologique.

En cas de victoire à la présidentielle, elle entreprendra une réforme des retraites, portant sur l'âge légal de départ qu'elle veut fixer à 60 ans, sans décote.

Elle souhaite en outre voir davantage appliquée la loi sur l'égalité salariale hommes-femmes, en privant les entreprises qui refuseraient de s'y soustraire de toute aide publique : "ni subvention, ni exonération, ni marché public".

• Banques et finance

Sans surprise, l'ancienne juge d'instruction fait de la lutte contre la corruption, contre le secret bancaire et les paradis fiscaux sa priorité. Elle propose une "vraie taxe" sur les transactions financières dans l'Union européenne, en réponse à la taxe de 0,1 % proposée à l'UE par Nicolas Sarkozy et adoptée en conseil des ministres mercredi. Eva Joly veut aussi déployer un livret Vert et donner davantage de moyens pour traquer la délinquance financière, environnementale et le crime organisé.

• Fiscalité 

Eva Joly propose une modification de la fiscalité en accordant une large autonomie fiscale aux régions. Cette mesure permettrait d'obtenir 47 milliards de recettes nouvelles selon elle. La candidate d'EELV veut aussi remplacer le quotient familial par un crédit d'impôt forfaitaire, fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG, et imposer les revenus à 60 % au-delà de 100 000 euros, et à 70 % au delà de 500 000 euros.

• Logement

Eva Joly a choisi un slogan pour parler de ce secteur : "un euro dans le béton, un euro pour l’humain". La candidate écologique se prononce en faveur de la rénovation d'un million de logements par an et de la construction annuelle de 500 000 logements, à basse consommation d'énergie, dont 160 000 logements sociaux. Elle souhaite également la mise en place d'un moratoire de 3 ans sur les augmentations de loyers pour mettre en place un "miroir des loyers" comme en Allemagne, c'est-à-dire un alignement des prix sur ceux qui sont en vigueur dans le voisinage. 

• Europe et international

Le projet présidentiel d'Eva Joly donne la part belle à l'Europe. La candidate d'EELV est pour l'instauration d'une Constitution européenne avec ratification par référendum et d'un poste de vice-Premier ministre chargé des questions européennes. Elle remplacerait aussi un Pacte de stabilité, qui vise les produits entrant en Europe, par un pacte de développement écologique et social.

En matière de politique internationale, si la candidate se retrouvait à la tête de la France, elle ordonnerait un retrait des troupes d’Afghanistan d’ici la fin 2012 et la dissolution de la cellule Afrique de l’Elysée.

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