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Equilibre des temps de parole : le CSA met en demeure trois télévisions et deux radios

Alors que l'opposition s'est largement exprimée durant la campagne de la primaire PS, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a mis en demeure 3 télés et 2 radios afin qu'elles rééquilibrent le temps de parole en faveur de la droite
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Christine Kelly, membre du CSA. (MARTIN BUREAU / AFP)

Alors que l'opposition s'est largement exprimée durant la campagne de la primaire PS, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a mis en demeure 3 télés et 2 radios afin qu'elles rééquilibrent le temps de parole en faveur de la droite

Visées par cette injonction : trois chaînes d'information iTélé, LCI et BFM-TV, et deux radios généralistes Europe 1 et France Inter, a annoncé mercredi Christine Kelly, membre du CSA chargée du dossier.

"Dépassement hors norme"
Ces différents médias audiovisuels ont accordé un temps de parole au PS largement supérieur aux règles en vigueur, qui prévoient que l'opposition puisse bénéficier d'un temps de parole compris entre 50% et 100% de celui consenti à la majorité, selon le règlement en vigueur depuis 2009.

"Les dépassements que nous avons constatés sont-ils une première ? Oui c'est une première par leur ampleur", a déclaré Michel Boyon, président du CSA, les qualifiant de "dépassement hors norme", "hors proportion".

Sur la période juillet-septembre, iTélé a accordé au PS 146% du temps de parole donné à la majorité, BFM-TV 142%, LCI 130%, Europe 1 152% et France Inter 128%, selon les décomptes du CSA qui justifient les mises en garde de Christine Kelly, elle-même ancienne présentatrice des JT de LCI. "Dans le cadre des primaires, les heures d'antenne des candidats socialistes ont atteint sur certaines chaînes environ 150% du volume de la majorité, soit trois fois plus que ce qu'il leur est a priori permis", a-t-elle répété dans plusieurs médias.

Les chaînes "tout info" se défendent
Les trois chaînes d'information en continu épinglées par le CSA avaient été entendues lundi par les sages qui s'étaient réunis mardi pour décider de la procédure à engager à l'encontre des contrevenants.

Ces chaînes "tout info" se défendent en affirmant qu'elles "ont fait leur métier", que "toutes ont connu un problème d'équilibre du temps de parole difficile à respecter, sinon on ne faisait pas notre job", s'est défendu Alain Weil, patron de NextradioTV (BFMTV).

Protestation également de la direction de LCI. "De quoi on ne nous aurait pas accusé si on n'avait pas couvert suffisamment ces primaires socialistes ?", s'est interrogé Eric Revel, le directeur de la chaîne d'info en continu du groupe TF1. "Ce n'est pas facile, quand vous êtes une chaîne d'actu, prise dans le flot du traitement de l'actualité à la minute près, d'avoir l'oeil sur le chronomètre et se dire là, il y a une déclaration importante de François Hollande, mais comme c'est le temps de parole, je ne la donne pas", a-t-il fait valoir.

Les compteurs remis à zéro le 1er octobre
L'infraction porte sur la période juillet-août-septembre, du début de l'affaire DSK à la fin du scrutin de la primaire. Concernant les journaux télévisés, les compteurs ont été remis à zéro le 1er octobre, le décompte se faisant par trimestre. Pour les magazines d'information, les chaînes ont jusqu'à décembre pour se rattraper car, là, les calculs sont réalisés sur une base semestrielle.

L'éditorialiste politique Olivier Mazerolle (BFMTV) avait dit s'attendre à "une réprimande du CSA" et la prendre "très au sérieux". Sur le déficit de parole à droite, il reconnait qu'il y a eu "une période compliquée" en raison, à la fois, "des primaires et des affaires". "Tous ne se sont pas défilés", a-t-il fait remarquer en parlant des membres de la majorité. Il cite "Claude Guéant et Henri Guaino" qui lui ont répondu favorablement.

Quelles sanctions ?
Ces mises en demeure sont le préalable à une éventuelle procédure de sanction en dernier recours, telle que la suppression d'une tranche de publicité, la lecture d'un communiqué d'excuses lors d'un journal télévisé ou une amende maximale de 3% du chiffre d'affaires. Le CSA n'a encore jamais sanctionné financièrement des déséquilibres du temps de parole car, jusqu'à présent, la réglementation a été respectée.

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