Vœux d'Emmanuel Macron : la loi contre les fake news "en terme idéologique semble irréalisable", selon La Quadrature du Net

Arthur Messaud, juriste de La Quadrature du Net, une association qui défend les libertés des citoyens sur internet, a expliqué, mercredi sur franceinfo, que la loi sur les fake news annoncée par Emmanuel Macron pose la question de la légitimité d'un juge à trancher sur ce sujet.

Emmanuel Macron, mercredi 3 janvier 2018, lors de ses vœux à la presse.
Emmanuel Macron, mercredi 3 janvier 2018, lors de ses vœux à la presse. (LUDOVIC MARIN / POOL)
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franceinfoRadio France

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L'annonce par Emmanuel Macron d'une loi pour renforcer le contrôle sur internet en période électorale afin de lutter contre les fausses nouvelles est "possible" techniquement, "mais en terme idéologique, c'est là où la chose semble irréalisable, complètement excessive ou sujet à un nombre d'abus infinis", a jugé Arthur Messaud, mercredi 3 janvier sur franceinfo. Le juriste de La Quadrature du Net, une association qui défend les libertés des citoyens sur internet, a expliqué que "c'est tout à fait nouveau de voir qu'un juge doit distinguer le vrai du faux et qu'il pourra censurer sur cette seule base".

La légitimité d'un juge

"La question qui est fondamentale est : 'Qui est-ce qui établit la vérité ?'", s'est interrogé Arthur Messaud. Pour le juriste de l'association, "Emmanuel Macron nous dit que c'est un juge qui va établir la vérité. Il va donc lutter contre les fake news, ça veut dire donner le pouvoir à un juge de dire ce qui est autorisé ou non dans un débat selon ses propres critères de vérité", a-t-il conclu.

Emmanuel Macron a annoncé, mercredi lors de ses vœux à la presse, qu'un texte de loi allait être déposé prochainement pour lutter contre les fake news diffusées sur internet en période électorale. Les plateformes comme Facebook seront obligées d'être transparentes et de rendre public l'identité de la personne qui a publié la fausse information. Il sera également possible de saisir un juge qui pourra demander la suppression de la fausse nouvelle et du compte de l'utilisateur qui a propagé cette information. Le juge pourra aussi bloquer l'accès au site internet qui a publié la fake news.