Tirage au sort, travail pendant six mois… François de Rugy dévoile les contours de la Convention citoyenne pour le climat

Cette assemblée de citoyens se réunira "d'ici la fin du mois prochain", annonce le ministre dans "Le Parisien". 

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, lors de la conférence internationale sur la biodiversité (IPBES), le 29 avril 2019 à Paris. 
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, lors de la conférence internationale sur la biodiversité (IPBES), le 29 avril 2019 à Paris.  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
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Le fonctionnement de la convention citoyenne pour le climat et du conseil de défense écologique se précisent. Dans un entretien au Parisien, dimanche 19 mai, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, détaille les contours de ces deux nouvelles entités, annoncées par Emmanuel Macron le 25 avril, dans la foulée du grand débat national. 

"Cent cinquante citoyens seront tirés au sort" pour prendre part à cette convention, confirme le ministre auprès du Parisien, précisant que ces Français pourront refuser d'y participer. "Ils représenteront la France dans sa diversité", défend François de Rugy. "Le tirage au sort sera fait en croisant les listes électorales et des listes des abonnés au téléphone, pour mobiliser y compris des gens qui se sont désintéressés des élections", explique-t-il. 

Cette assemblée de citoyens commencera à travailler sur les questions environnementales "d'ici la fin du mois prochain", ajoute François de Rugy. "Les travaux dureront ensuite six mois. Ils travailleront un week-end sur trois et seront défrayés", développe l'ancien président de l'Assemblée nationale. 

Des auditions d'experts

Comment ces Français tirés au sort travailleront-ils ? "Ils auditionneront des experts sur le climat, des économistes, des associations, des acteurs économiques et sociaux… qui leur présenteront l’état de la situation mais aussi les impacts, l’efficacité des différentes mesures", répond François de Rugy. A l'issue de ces consultations, "ils devront faire des choix pour proposer un paquet de mesures cohérent, détaille-t-il. Tant qu’il reste dans le cadre, à savoir réduire nos émissions de gaz à effet de serre, et qu’il respecte une responsabilité budgétaire (à chaque dépense, il faut créer une recette)." "Ils pourront discuter de tous les leviers d’action, des dosages entre les différents leviers. Y compris la taxe carbone", ajoute-t-il.

D'après le ministre, les membres de cette convention citoyenne se mettront d'accord sur les mesures proposées via, par exemple, "des votes internes à la majorité absolue". "Ils seront aussi aidés pour la rédaction de leurs propositions", assure-t-il. 

Ces propositions seront "soit directement mises en œuvre, soit soumises au vote du Parlement, soit à celui du peuple par référendum", annonce François de Rugy. 

La biodiversité, priorité du conseil de défense écologique

Dans cet entretien au Parisien, François de Rugy précise également les contours du conseil de défense écologique. "Le conseil de défense écologique se réunira sous l’autorité du président de la République qui le convoque, avec le Premier ministre et, au minimum, neuf ministres y participant de manière permanente", explique le ministre. "En fonction de l’ordre du jour, seront aussi présents d’autres ministres et les directeurs d’administration ou des opérateurs de l’Etat concernés." 

Ce conseil se focalisera d'abord sur le plan biodiversité, annonce François de Rugy. "Nous ferons le bilan et nous verrons s’il doit y avoir des mesures complémentaires. Le même travail sera fait sur le plan climat", puis sur des sujets tels que la rénovation thermique.