Report du prélèvement à la source : une décision très politique

Le Premier ministre a annoncé ce mercredi 7 juin au matin que le gouvernement reportait la réforme du prélèvement à la source au 1er janvier 2019, au lieu du 1er janvier 2018, comme initalement prévu. Hervé Godechot fait le point en plateau pour France 3.

France 3

"Le principal problème posé par le prélèvement de l'impôt directement sur les fiches de salaire, c'est de transformer l'employeur en collecteur, ce qui crée beaucoup d'appréhension de la part des patrons, qui craignent d'être submergés par la tâche, et des salariés, qui redoutent les indiscrétions", explique Hervé Godechot. Le gouvernement a donc décidé de temporiser, avec une période de test cet été jusqu'en septembre, auprès de 400 entreprises et collectivités volontaires.

Un report très politique

"Puis le gouvernement se donnera un an pour débusquer tous les problèmes qui pourraient se poser pour les résoudre et être prêts au 1er janvier 2019", poursuit le journaliste. Jusqu'ici, un budget de 160 millions d'euros a été engagé pour les nouveaux logiciels de l'administration fiscale, 500 postes de fonctionnaires qui auraient dû disparaître ont été maintenus à Bercy pour faire face à ces changements. Mais derrière ce report, il y a aussi une arrière-pensée politique. En effet, au 1er janvier prochain, une autre réforme va entrer en vigueur : la baisse des cotisations sociales. Même compensée par une hausse de la CSG, elle va se voir sur le salaire net. "C'est une bonne nouvelle pour les salariés, et le gouvernement ne voudrait pas que ce bel effet soit masqué par un premier prélèvement de l'impôt qui pourrait gâcher la fête", conclut le journaliste.

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Un formulaire de déclaration d'impôts sur le revenu envoyé  à un habitant de Mulhouse (Haut-Rhin), le 20 mai 2015. (JEAN-FRANCOIS FREY / MAXPPP)