Les chasseurs obtiennent la baisse du prix du permis national et une nouvelle "gestion adaptative" des espèces chassables

A l'occasion d'une deuxième réunion à haut niveau en six mois sur la chasse, Emmanuel Macron a donné son accord pour que le permis national passe de 400 à 200 euros.

Des chasseurs à l\'ouverture de la chasse, à Lamnay (Sarthe), le 24 septembre 2017.
Des chasseurs à l'ouverture de la chasse, à Lamnay (Sarthe), le 24 septembre 2017. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Un cadeau pour les chasseurs. Emmanuel Macron a accepté de diviser par deux le prix du permis national de chasse, passant ainsi de 400 à 200 euros, comme le réclamaient les chasseurs, a annoncé l'Elysée, lundi 27 août. Contrairement au permis départemental, le permis national permet de chasser sur tout le territoire. Il n'est possédé que par environ 10% des quelque 1,2 million de Français qui pratiquent la chasse chaque année. Cette mesure s'inscrit dans une plus vaste réforme de la chasse, qui préoccupe les défenseurs de l'environnement. 

Ces derniers s'inquiètent de la façon dont sera mise en place la nouvelle gestion des espèces chassables. Actuellement, la liste de ces dernières, qui compte une soixantaine d'oiseaux et de mammifères, est figée. La nouvelle "gestion adaptative", dont le principe avait été retenu dans le plan biodiversité présenté en juillet par Nicolas Hulot, repose sur un renforcement de la collecte des données sur l'état de conservation des espèces et sur les prélèvements des chasseurs. Pour "éclairer" les décisions pour chaque espèce, un conseil scientifique doit être mis en place prochainement.

Les cormorans dans le viseur

Les chasseurs espèrent ainsi que certaines espèces aujourd'hui protégées, comme les cormorans, pourront être ajoutées à la liste. Une perspective dénoncée par les défenseurs de l'environnement, qui voudraient que la nouvelle formule ne concerne que les espèces aujourd'hui chassables, mais qu'ils considèrent comme en danger et dont ils voudraient réduire les quotas autorisés.

"En France, on chasse 64 espèces différentes d'oiseaux" alors que, dans "le reste de l'Europe, la moyenne est de 14 espèces. Parmi les 64 espèces chassées en France, il y en a 20 qui sont sur la liste rouge des espèces menacées" de l'Union internationale de conservation de la nature (UICN), a dénoncé lundi sur franceinfo le président de la Ligue pour la protection des oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg. Le militant plaide pour que la chasse de toutes les espèces sur la liste UICN soit immédiatement interdite, comme la tourterelle des bois.

L'opinion publique commence à mesurer le décalage total entre les cadeaux faits aux chasseurs et cette réalité de la biodiversité qui agonise et qui est en souffrance.Allain Bougrain-Dubourgà franceinfo