VIDEOS. Sept citations à retenir de l'interview télévisée d'Emmanuel Macron

Depuis l'un de ses bureaux à l'Elysée, le chef de l'Etat a accordé sa première interview télévisée depuis son élection.

Emmanuel Macron donne la première interview télévisée de son quinquennat, le 15 octobre 2017 à l\'Elysée.
Emmanuel Macron donne la première interview télévisée de son quinquennat, le 15 octobre 2017 à l'Elysée. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

Une heure et dix minutes pour expliquer son action. Emmanuel Macron a répondu aux questions de journalistes de TF1 et LCI, dimanche 15 octobre, pour sa première interview depuis son arrivée au pouvoir. Dans un décor élyséen agrémenté de pièces d'art contemporain, le président est longuement revenu sur son style et son vocabulaire avant de décliner sa politique économique et sociale et d'évoquer rapidement la relation franco-américaine. Franceinfo résume ce qu'il faut retenir de cette interview, en sept citations du président.

Fainéants, bordel : "Je n'ai pas insulté qui que ce soit"

"Fainéants", "cyniques", "bordel"... Ces dernières semaines, les écarts de langage d'Emmanuel Macron avaient fait couler beaucoup d'encre. Dimanche soir, il a assuré n'avoir "pas cherché à humilier". "En l'espèce, le mot bordel c'est du registre populaire, comme dit l'Académie française", s'est justifié le président de la République.

"Beaucoup de commentateurs politiques et journalistiques ont fait fausse route : quand on dit ça, on n'agresse pas ou on n'invective pas les Françaises et les Français. Je n'ai pas insulté qui que ce soit et je ne le ferai jamais parce que je considère l'ensemble de mes concitoyens", a-t-il expliqué, en regrettant que "nos élites politiques" se soient "habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours aseptisé".

Chômage : "La plénitude des réformes, vous la verrez dans un an et demi, deux ans"

Interrogé sur sa promesse de ramener le taux de chômage à 7% de la population active et le temps que cela prendrait, Emmanuel Macron a esquissé un horizon de 18 à 24 mois. "La plénitude des réformes, vous la verrez dans un an et demi, deux ans", a-t-il promis, assurant que le taux de chômage était "en train de baisser".

"On ne juge pas la réussite du président à un indicateur", a toutefois souligné Emmanuel Macron, en marquant sa différence avec son "prédécesseur" François Hollande qui avait dit au cours de son mandat vouloir être jugé sur l'inversion de la courbe du chômage.

ISF : "Je ne crois pas au ruissellement, mais à la cordée"

Lors de cette interview, Emmanuel Macron est revenu sur la philosophie qui guide sa politique économique. Interrogé sur la suppression partielle de l'impôt sur la fortune (ISF) et l'image de "président des riches" qu'il renvoie dans l'opinion, le chef de l'Etat a dit ne pas croire "à la jalousie française qui consiste à dire il y a des riches, taxons-les, nous nous porterons mieux".

"Je ne crois pas au ruissellement", a déclaré Emmanuel Macron, en référence à cette doctrine qui considère que les baisses d'impôts pour les plus riches profitent aussi aux plus pauvres en stimulant l'économie dans son ensemble. Mais "je crois à la cordée", a-t-il affirmé, filant la métaphore : "Il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu'ils ont des talents, je veux qu'on les célèbre. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c'est toute la cordée qui dégringole."

Hausse de la CSG : "80% des retraités gagneront du pouvoir d'achat"

Le président a également tenté de rassurer les retraités, inquiets de la hausse de 1,7 point de CSG qui va intervenir à partir du 1er janvier. Les 40% les plus modestes bénéficient déjà d'une CSG réduite qui "ne sera pas augmentée", a-t-il rappelé. Quant aux 60% restants, Emmanuel Macron assure qu'ils verront cette hausse compensée par la baisse de la taxe d'habitation. 

"Je vous fiche mon billet que dès l'année prochaine la diminution de la taxe d'habitation compensera la hausse de la CSG, hormis pour les plus aisés d'entre eux", a-t-il déclaré, avant de promettre qu'in fine, 80% des retraités "gagneront du pouvoir d'achat".

Harcèlement : "Ce ne sont pas elles les honteuses, ce sont eux"

Alors que l'affaire Harvey Weinstein continue d'apporter son lot de révélations quotidiennes, Emmanuel Macron a apporté son soutien aux femmes victimes de harcèlement. "Ce qui est le plus dur, c'est le silence. L'important c'est d'en parler. Ce ne sont pas elles les honteuses, ce sont eux", a-t-il déclaré.

Le président a en outre confirmé qu'une "procédure de verbalisation plus simple" des actes de harcèlement verrait le jour "pour qu'il y ait une réponse immédiate". La future police de sécurité du quotidien "aura dans ses priorités la lutte contre le harcèlement et en particulier dans les transports", a-t-il promis.

Sécurité : "Tout étranger en situation irrégulière commettant un délit sera expulsé"

L'attentat de la gare Saint-Charles à Marseille, commis par un homme en situation irrégulière qui n'avait pu être expulsé en raison de dysfonctionnements administratifs, a poussé Emmanuel Macron à durcir son discours. "Toutes celles et ceux qui, étant étrangers en situation irrégulière, commettent un acte délictueux quel qu'il soit seront expulsés", a-t-il assuré, en promettant d'être "intraitable sur ce sujet".

"On s'est habitués à l'incapacité de reconduire à la frontière", a-t-il déploré. "S'est installée une sorte de pratique où celles et ceux qui sont en situation illégale sur notre territoire peuvent être contrôlés plusieurs fois, parce qu'on s'est habitués à l'incapacité de les reconduire à la frontière, on ne prend plus toutes les mesures qui doivent être prises. Eh bien cela va changer", a promis le chef de l'Etat.

Trump contre l'Iran : "Je lui ai expliqué que c'était une mauvaise méthode"

"Les Etats-Unis, ce sont nos alliés. C'est notre partenaire le plus essentiel en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, au Proche et Moyen-Orient comme au Sahel", a assuré Emmanuel Macron. Mais le président ne s'est pas privé d'émettre des critiques sur la politique de Donald Trump vis-à-vis de l'Iran.

"Il veut durcir les choses avec l'Iran, c'est ce qu'il a déclaré vendredi. Moi je lui ai expliqué que c'était à mes yeux une mauvaise méthode", a-t-il déclaré, deux jours après la décision du président américain de ne pas certifier l'accord international sur le programme nucléaire de Téhéran. Il a par ailleurs confirmé qu'il prévoyait bien de se rendre en Iran "au moment voulu", ce qui serait la première visite d'un chef d'Etat français en Iran depuis 1976.