Candidature de Thierry Breton à la Commission européenne : "Emmanuel Macron prend un nouveau risque", estime Manon Aubry

La députée européenne de La France insoumise a réagi au choix de l'Élysée pour remplacer Sylvie Goulard à la candidature pour le poste de commissaire européen. 

Manon Aubry au Parlement européen le 17 septembre 2019. 
Manon Aubry au Parlement européen le 17 septembre 2019.  (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Emmanuel Macron a proposé Thierry Breton, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l'Économie, comme commissaire européen après le rejet de Sylvie Goulard, avec un portefeuille inchangé, a annoncé l'Elysée jeudi 24 octobre. "Emmanuel Macron prend un nouveau risque, à croire qu'il n'a pas retenu la leçon du cas Sylvie Goulard", a réagi jeudi matin sur franceinfo Manon Aubry, députée européenne La France insoumise.

"Thierry Breton est le PDG d'un grand groupe qui est directement intéressé par le portefeuille de l'industrie et du numérique, a réagi Manon Aubry. Atos reçoit des subventions européennes, dont la politique d'investissement est directement gérée au niveau européen. Cela fait beaucoup au moment d'examiner les potentiels conflits d'intérêt de Thierry Breton. Il connaît bien l'industrie, peut-être un peu trop, a poursuivi l'élue.

Ce qu'on attend d'un commissaire européen c'est d'avoir l'indépendance nécessaire et indispensable pour exercer ce rôle. Manon Aubryà franceinfo

A la commission des affaires juridiques où siège Manon Aubry, "nous examinons les potentiels conflits d'intérêt et jugeons de cette indépendance. Nous allons faire notre travail avec le même scrupule et la même technicité que pour Sylvie Goulard et les autres candidats" a précisé la députée européenne. Elle aimerait, dit-elle, que soit mise en place "une autorité indépendante d'examen des conflits d'intérêts pour s'assurer et garantir l'indépendance de l'ensemble des commissaires européens."

Selon Manon Aubry, "il pèse à première vue des soupçons de conflit d'intérêt sur le cas Thierry Breton et je ne sais pas dans quelle mesure nous aurons la liberté, le temps et l'indépendance pour les examiner".