Tour de France "machiste et polluant" : "Cessons de faire des polémiques pour rien, quand il y a une belle course", rétorque François Hollande au maire de Lyon

"C'est une course populaire où on vient en famille, alors on ne fait pas le rabat-joie", a répondu l'ex-président de la République sur franceinfo, après les critiques du maire EELV de Lyon envers le Tour de France.

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François Hollande, ancien président de la République, invité de franceinfo le 22 mai 2018. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

"Cessons de faire des polémiques pour rien, quand il y a une belle course, quand il y a plein de monde qui vient. Quand il y a des enfants qui sont heureux, quand il y a beaucoup de femmes qui sont parmi les spectateurs", a rétorqué François Hollande sur franceinfo jeudi 10 septembre, à Grégory Doucet, le maire écologiste de Lyon qui juge le tour "machiste et polluant"

franceinfo : Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, EELV,  a indiqué que le tour était machiste et polluant, est-ce que vous partagez ce constat ?

François Hollande : Le Tour de France est une grande aventure populaire qui remonte à loin et qui durera longtemps. C'est une course durable. Pour un écologiste il devrait y être attentif. C'est une course où l'effort est récompensé, où ce sont les plus vaillants, les plus solides, les plus robustes, ceux qui ne consomment pas de produits qui les disqualifieraient, qui sont récompensés. Il y a des voitures sur le Tour, mais pendant que les voitures roulent, les autres [automobilistes] ne peuvent pas venir alors si on regarde le bilan carbone du Tour de France, je ne pense pas qu'il soit à son désavantage. Jusqu'à présent, il y avait des Miss qui étaient là, on peut dire que c'était machiste et le Tour y a sans doute réfléchi. J'ai été aujourd'hui associé à cette remise des maillots, il y a un homme et une femme, c'est la parité. Cessons de faire des polémiques pour rien, quand il y a une belle course, quand il y a plein de monde qui vient. Quand il y a des enfants qui sont heureux, quand il y a beaucoup de femmes qui sont parmi les spectateurs. C'est une course populaire, où on vient en famille, alors on ne fait pas le rabat-joie.

Quel est votre sentiment sur cette arrivée de la 12e étape du Tour de France à Sarran en Corrèze au pays de Jacques Chirac ?

Il était important que la figure de Jacques Chirac puisse être rappelée à l'occasion de cette étape. Sarran c'était la commune où il habitait quand il était en Corrèze, il avait cette maison, ce château à Bity. Son épouse Bernadette Chirac était encore il y a peu conseillère municipale, même conseillère générale. C'était un lieu où il a voulu installer un musée de sa présidence et l'idée maintenant, on en a parlé avec Claude Chirac, sa fille, ce serait de faire de ce musée, le musée des présidents de manière à ce que la République puisse se retrouver là, à Sarran, à travers tous ceux qui l'ont représenté au plus haut niveau. Jacques Chirac aurait sans doute été dans cette conception.

L'épidémie de coronavirus s'intensifie en France. Est-ce que le Tour de France a raison de se poursuivre dans ces conditions où le nombre de contaminations progresse ?

Oui, à condition que tous les gestes barrières soient respectés. Les coureurs font extrêmement attention, parce que s'ils commettent la moindre imprudence, c'est non seulement leur présence qui est cause mais aussi celle de leur équipe. Les organisateurs font extrêmement attention notamment Christian Prudhomme [directeur du Tour de France positif au Covid-19 et à l'isolement], je l'avais rencontré et je me suis fait tester. Il a été touché par le virus et il s'est mis de côté et le public porte des masques. On doit vivre, on doit absolument poursuivre nos activités, mais on doit mettre des masques. On vivra avec des masques tout le temps que ce soit nécessaire. Vive le Tour !

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