Julien Bayou veut "déborder" EELV pour être au "rendez-vous des municipales, des régionales et de la présidentielle"

Le nouveau secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts a été élu avec 92,6 % des voix, "une belle réussite" selon l'élu écologiste, invité samedi de franceinfo.

Julien Bayou, secrétaire national d\'Europe Ecologie-Les Verts, au congrès du parti à Saint-Denis, le 30 novembre 2019.
Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, au congrès du parti à Saint-Denis, le 30 novembre 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"Mon enjeu c'est d'outiller le mouvement (...) et de le déborder pour qu'on soit à la hauteur du rendez-vous aux municipales, aux régionales et à la présidentielles", a déclaré Julien Bayou samedi 30 novembre sur franceinfo, après sa désignation comme secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, à l'issue du congrès du parti à Saint-Denis. Sa motion de rassemblement a obtenu 92,6% des voix. A 39 ans, il succède ainsi à David Cormand, qui le soutenait.

franceinfo : Vous avez été élu avec 92,6 % des voix lors du conseil national du parti ce samedi. Vous vous attendiez à un tel score ?

Julien Bayou : C'est une belle réussite, c'est le produit du rassemblement. En fait, les écologistes sont rassemblés pour aller à la conquête du pouvoir et ça passe d'abord par l'ancrage aux municipales. Bien sûr, il y avait ce moment de démocratie internet, on y tient. Chez nous les adhérents et adhérentes votent et décident de qui dirige le mouvement. Ce n'est pas le cas dans les autres partis politiques. Et maintenant : cap sur les municipales. Il faut ancrer l'écologie dans les territoires, il faut apporter des solutions qui lient l'environnement, la justice sociale et la démocratie.

Les tractations ont duré jusque dans les dernières heures. On peut dire que le rassemblement n'a pas été facile ?

Je comprends que vous vous cherchiez les divisions. Il y a des nuances, des débats, c'est normal. Nous on tient à la démocratie locale. Ce sont les adhérents et adhérentes qui ont le choix, qui ont prise sur les choses. Moi je demande : qui sont les autres mouvements qui véritablement donnent le pouvoir de décider à leurs adhérents ? Je ne sais pas. Je ne sais pas qui décide de mettre tel ou tel à la tête d'En Marche. En fait les adhérents sont des faux adhérents, et on leur a vendu une fausse démocratie qui n'existe pas.

Nous, on assume d'avoir des débats, des divergences. Nous avons des nuances, des priorités différentes. Elles ont été tranchées par les adhérents et adhérentes. Et à l'issue d'un second tour, on arrive à un très joli score de rassemblement de 93 %. Et maintenant je peux vous garantir que les écologistes sont unis pour avancer sur les municipales, les régionales et puis offrir une alternative à la présidentielle. On n'a pas envie de rejouer le match Emmanuel Macron-Marine Le Pen, aussi parce que Emmanuel Macron cette fois-ci pourrait le perdre. Il faut une alternative heureuse pour le pays, et c'est l'écologie.

Quelle stratégie pour EELV aux municipales ? Vous allez y aller seul comme à Marseille ? Est-ce que vous ne risquez pas de diviser la gauche ?

Est-ce que vous demandez aux Républicains pourquoi ils y vont seuls ? Nous y allons, c'est tout. Nous portons un projet écologiste. Et je constate que dans de nombreuses villes, nous battons un record de listes écologistes. Et nous disons : la priorité c'est l'écologie, donc ça peut être un membre d'EELV, mais à Nîmes nous sommes fiers de soutenir l'ancien président du WWF [Daniel] Richard. La question n'est pas l'étiquette. Mais on est certain que le projet qu'il porte pour la ville c'est de l'écologie, de l'environnement, de la justice sociale, et c'est ça qui compte. Moi, mon enjeu c'est d'outiller le mouvement, de développer le mouvement, de fédérer et de le déborder pour qu'on soit à la hauteur du rendez-vous aux municipales, aux régionales et à la présidentielle. On ne gagnera pas cette bataille seul. Je pense qu'il faut un dépassement et travailler à un rassemblement beaucoup plus large, qui organise le dialogue avec les forces syndicales, les forces associatives et les autres forces politiques pour proposer une alternative au pays. Je pense aux forces qui s'écologisent. Toutes celles et ceux qui mettent l'écologie, environnement et la justice sociale au cœur de leur priorité sont les bienvenus pour travailler à l'avenir avec nous.