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Le plan d'économies annoncé par Manuel Valls divise les socialistes

Plusieurs élus socialistes expriment leur désaccord, en particulier avec le gel du point d'indice des fonctionnaires et la non-revalorisation des prestations sociales jusqu'en octobre 2015.

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France Télévisions
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Le Premier ministre, Manuel Valls, à l'Assemblée nationale, le 9 avril 2014. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Manuel Valls parviendra-t-il à faire avaler la pilule à ses camarades socialistes ? Gel du point d'indice des fonctionnaires, non-revalorisation des prestations sociales d'ici à la fin 2015… C'est un euphémisme de dire que les mesures détaillées par le Premier ministre, mercredi 16 avril, pour réaliser 50 milliards d'euros d'économies d'ici à 2017, passent mal au sein-même du Parti socialiste.

De nombreux députés PS "atterrés"…

Elu dans la Nièvre depuis 1997, Christian Paul a été le premier à ouvrir les hostilités sur Twitter. Proche de Martine Aubry, il assure que nombre de ses collègues ont été "atterrés" par des mesures qu'il juge "inacceptables en l'état""Sur la forme, on prend de vitesse la majorité parlementaire pour la mettre devant le fait accompli, fustige Christian Paul. Et sur le fond, nous n'avons pas été élus pour organiser la perte de pouvoir d'achat des retraités, des fonctionnaires et des salariés qui bénéficient de prestations sociales."

Même constat de la part de Jérôme Guedj, membre de l'aile gauche du PS, qui évoque "une situation lunaire", dans la mesure où les députés socialistes n'ont pas été informés en amont des annonces de Manuel Valls. 

Un avis partagé par son collègue Michel Pouzol, député de l'Essonne, qui évoque "une méthode surprenante". La gauche du PS exprime également son désaccord sur le fond. "Pour faire 50 milliards, le Premier ministre est obligé d'aller chercher des choses qui sont quand même lourdes : le gel des minima sociaux, pour un gouvernement de gauche, c'est quand même (...) une mesure illisible et incompréhensible", fustige Laurent Baumel, député PS, animateur de La gauche populaire. "Une politique de gauche 'équilibrée', c'est donc un choc de simplification pour les patrons, et un choc de non-revalorisation pour tous les autres ?", s'interroge Pouria Amirshahi.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, elle aussi membre de l'aile gauche du PS, considère également que les annonces de Manuel Valls vont être "très défavorables aux classes modestes et populaires", et estime par conséquent qu'on ne peut pas y voir de la "justice sociale". "On ne peut pas demander aux gens les plus en difficulté de payer l'addition", met en garde Gérard Sebaoun, élu dans le Val-d'Oise. Députée de Paris, Fanélie Carrey-Conte parle d'une "réelle incompréhension", et déplore des annonces "inefficaces économiquement, injustes socialement".

… face à des collègues satisfaits

D'autres députés socialistes ont toutefois fait part de leur soutien à Manuel Valls. C'est notamment le cas de leur chef de file, Bruno Le Roux, qui juge les annonces du Premier ministre "pleinement conformes aux valeurs de la gauche"

Jeune élu du Pas-de-Calais, Nicolas Bays salue "un discours juste et courageux, qui vise à donner du sens aux efforts demandés". "Des efforts très importants, acquiesce Luc Belot, député du Maine-et-Loire, mais qui seront justes car collectifs et équitablement répartis."

Un sentiment partagé par le député parisien Christophe Caresche, élu depuis 1997, qui a entendu "un discours pédagogique et clair du Premier ministre". Proche de François Hollande, le député ardéchois Pascal Terrasse veut de son côté croire que ses collègues pourront apporter leur contribution : "La responsabilité des députés PS est d'améliorer, dans la sérénité et dans la justice, les orientations du gouvernement".

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