Départementales : les résultats du "troisième tour"

Les nouvelles assemblées départementales ont voté ce jeudi pour élire leurs présidents. Un scrutin surnommé "troisième tour". Outre quelques élections tendues après des résultats parfois incertains dimanche, la parité n'a pas fonctionné pour les présidences, puisque 10 départements sur 101 sont dirigés par des femmes.

(Le conseil général du Pas-de-Calais, département encore disputé ce jeudi © Maxppp)

Dernier acte des élections départementales ce jeudi dans les 101 conseils généraux. Les assemblées élisent leurs présidents. Peu de suspense, sauf dans certains départements et déjà un constat : l'échec de la parité, du moins pour ce qui est des "perchoirs". Le président continue à se conjuguer au masculin avec dix femmes seulement qui y accèdent. Par ailleurs quelques couacs se sont fait entendre à gauche alors que la discipline de vote a régné à droite. La droite qui confirme sa victoire de dimanche avec 66 sièges ce jeudi soir si tout va bien, voire 67 si l'on compte le Tarn-et-Garonne. France Info vous propose une revue des faits marquants de cette fin d'élection.

Les scrutins sous tension

"Combinazzione" dans le Tarn-et-Garonne ?

C'est un "coup de force ", une "combinazzione " ! Le PRG n'a plus de mots assez durs pour dénoncer l'élection du Divers gauche Christian Astruc à la tête du conseil général du Tarn-et-Garonne. Le département était dirigé depuis 30 ans par le radical Jean-Michel Baylet, emblématique patron du parti. Christian Astruc, candidat soutenu par la droite, a été élu avec 18 voix contre 12 à la PRG Marie-Claude Nègre. Le PRG dénonce "le basculement du département à droite après des alliances contre-nature lors de l'élection du président, malgré le vote clair des électeurs en faveur d'une majorité de gauche ".

La Lozère, seule consolation de la gauche

Sophie Plantel s'installe sur le siège de président du conseil général de Lozère et s'assoit sur 45 ans d'hégémonie de la droite. La victoire, qualifiée d'historique, a tout de même failli connaître un raté : une erreur de comptage a fait un moment planer l'hypothèse d'un second tour. Mais une vérification plus tard, c'était la salve d'applaudissements libérateurs à gauche. D'autant plus libérateurs que cette victoire a le petit goût doux-amer de la solitude, dans un contexte de vague bleue.

 

 

Le FN en arbitre dans le Pas-de-Calais

La gauche a finalement réussi à faire bloc pour que le socialiste Michel Dagbert puisse accéder à la présidence. Le PS à lui seul ne détenait plus la majorité absolue en raison d'une percée du FN dans le département. Alors que le Pas-de-Calais constitue le record national d'élus départementaux du parti d'extrême-droite, Michel Dagbert a affirmé son intention de mener les débats "dans le meilleur des climats ".

Gauche contre gauche dans le Lot

La gauche conserve certes le département, mais c'est un dissident socialiste qui l'emporte... face à la candidate officielle des militants du Lot. Le sortant, Serge Rigal, est réélu face à Geneviève Lagarde. Il s'était mis en disponibilité du PS pour l'affronter. Mais près des deux tiers des conseillers socialistes ont préféré sa candidature.

L'UMP seule en lisse dans le département de Hollande

C'est en quelque sorte le pendant de l'élection de la gauche en Lozère : la Corrèze, département présidé par le président, mais de la République, est le trophée de la droite. Et elle fait le vide autour de son candidat, seul en course pour le perchoir. Pascal Coste, vainqueur par K.O. au premier tour, succède sans coup férir à Gérard Bonnet.

La droite élue "au bénéfice de l'âge" face au PS dans le Vaucluse

A 71 ans, Maurice Chabert a peaufiné la définition de son positionnement politique : "gaulliste de gauche pompidolien". Le maire de Gordes, classé parmi les plus beaux villages de France, n'est toutefois pas UMP mais Divers droite, après un long parcours au RPR. Et c'est au bénéfice de l'âge qu'il prend la direction des affaires dans le Vaucluse. Trois tours de scrutin n'ont pas suffi pour départager la droite et le PS, qui en sont ressortis avec le même nombre de voix, le FN en embuscade.

 

La parité ne se hisse pas jusqu'aux "perchoirs"

La nouvelle présidente de Lozère, Sophie Pantel, ancienne chargée de mission aux droits de la femme, a commencé son discours en s'adressant aux femmes, nouvellement "élues qui, grâce à la loi, font leur entrée massivement dans cette assemblée ". "Je suis convaincue que cette parité, même imposée, est une avancée ", a-t-elle dit. Si au niveau des conseillers départementaux, l'organisation du scrutin a permis d'instaurer l'égalité hommes-femmes, il faudra attendre pour ce qui est de leurs directions. Selon le dernier pointage, seules dix femmes accèdent aux perchoirs. En Haute-Vienne, une femme perd même la place.

A LIRE AUSSI :

►►► Troisième tour entre incertitude et formalité

►►► Départementales : les résultats de votre canton