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Défections en série au sein de Debout la France après l'alliance entre Dupont-Aignan et Le Pen

Le ralliement du président de Debout la France à la candidate du Front national, annoncé le 28 avril, a provoqué une hémorragie au sein de cette formation politique. 

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France Télévisions
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Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, et la candidate du Front national, Marine Le Pen, en meeting au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le lundi 1er mai 2017. (JOEL SAGET / AFP)

"J'ai donc choisi la France, j'ai choisi Marine." Nicolas Dupont-Aignan a longuement justifié son alliance avec Marine Le Pen lors du meeting de la candidate FN au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), lundi 1er mai. Le pari est visiblement réussi. En tout cas devant les militants frontistes. Gonflée à bloc, la salle a lâché de nombreux : "Nicolas, Nicolas !", obligeant même le président de Debout la France (DLF) à leur demander d'être "un peu plus sages"

L'enthousiasme au sein des partisans de Marine Le Pen tranche pourtant radicalement avec l'ambiance observée au sein du mouvement Debout la France. Depuis l'annonce de Nicolas Dupont-Aignan le 28 avril sur le plateau de France 2, les défections se multiplient dans son propre parti. 

Hémorragie au sein de la direction nationale...

Le premier à avoir lancé le mouvement n'est autre que le vice-président du mouvement souverainiste, Dominique Jamet. Quelques minutes après la prise de parole de son patron, il annonce "quitter le parti"

Deux jours plus tard, dans une tribune sur le site Atlantico, il affirme que "Nicolas Dupont-Aignan salit définitivement son image et sa réputation, et ajoute à une faute morale certaine une probable erreur politique". 

Et Dominique Jamet n'est pas le seul. Il est rejoint très rapidement par Anne Boissel, vice-présidente du parti, qui renonce également à se présenter aux législatives dans le Calvados. Le responsable du projet, Eric Anceau, quitte aussi le navire au même moment. 

Autre très proche de Nicolas Dupont-Aignan à déserter : Olivier Clodong, conseiller départemental de l'Essonne et premier adjoint de Yerres (Essonne), ville dont Nicolas Dupont-Aignan est maire. Selon Le Monde, "avec deux vice-présidents de DLF sur quatre démissionnaires, l'état-major de Nicolas Dupont-Aignan est désormais décimé". 

... et parmi les candidats aux législatives

Plusieurs candidats DLF aux législatives ont également annoncé le retrait de leur candidature. Nicolas Le Caroff, candidat dans les Côtes-d'Armor, a ainsi quitté le parti jugeant, dans un communiqué, l'alliance de Nicolas Dupont-Aignan avec Marine Le Pen "inacceptable". "Je ne veux plus que mon nom soit associé à celui de Nicolas Dupont-Aignan", a renchéri dans La Voix du Nord Ludovic Lussiez, candidat aux législatives dans le Nord. En Charente-Maritime, les candidats Debout la France des 3e et 4e circonscriptions ont aussi décidé de quitter le parti, comme le relate Sud-Ouest. L'un d'eux, Alain Georgeon, explique : "J’avais adhéré à ce parti, entre autres, pour son slogan 'Ni système, ni extrêmes', ce soir ces valeurs ont été piétinées par le président de ce parti."

Plus au Sud, c'est Olivier Arsac, maire-ajoint de Toulouse, qui a lui aussi retiré sa candidature et quitté Debout la France. "Je désapprouve l'attitude consistant à faire la courte échelle au FN", a-t-il déclaré dans un communiqué. Son collègue de l'Aveyron, Fabien Lombard, l'a imité sur Twitter. 

Outre celle à l'intérieur de son parti, Nicolas Dupont-Aignan doit aussi affronter l'hostilité des habitants de sa ville de Yerres (Essonne). Plusieurs centaines de personnes ont manifesté par deux fois contre son ralliement. Dimanche 30 avril, enfin, les maires de huit communes qui composent avec Yerres, la communauté d'agglomération Val d'Yerres-Val de Seine, ont demandé la démission de Nicolas Dupont-Aignan de ses fonctions de président de l'agglomération. 

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