Procès des sondages de l'Elysée : réquisitions revues à la hausse contre Claude Guéant, un an ferme demandé

Plus de trois semaines après la fin du procès de cinq anciens conseillers et collaborateurs de Nicolas Sarkozy, le tribunal correctionnel de Paris a rouvert les débats vendredi, après la communication de nouvelles pièces.

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L'ancien ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le 5 décembre 2018 à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le parquet national financier (PNF) a revu à la hausse ses réquisitions, vendredi 3 décembre, contre l'ancien secrétaire général de la présidence Claude Guéant dans l'affaire des sondages de l'Elysée, demandant un an d'emprisonnement ferme et 10 000 euros d'amende. Plus de trois semaines après la fin du procès de cinq anciens conseillers et collaborateurs de Nicolas Sarkozy, le tribunal correctionnel de Paris a rouvert les débats après la communication, par le PNF, de nouvelles pièces concernant Claude Guéant.

Le 10 novembre, le ministère public avait requis un an de prison dont six mois ferme, ainsi que 10 000 euros d'amende, contre le prévenu de 76 ans, pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence. Vendredi, la 32e chambre correctionnelle a examiné lors d'une courte audience deux arrêts de la cour d'appel de Paris, rendus le 9 novembre, ainsi qu'un rapport d'enquête, dont le tribunal n'avait pas eu connaissance lors du procès.

Ces pièces concernent les modalités d'application d'une précédente condamnation de l'ex-grand commis de l'Etat. Dans l'affaire des primes en liquide du ministère de l'Intérieur, Claude Guéant s'est vu infliger en janvier 2017 en appel deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire, ainsi que 75 000 euros d'amende, pour complicité de détournement de fonds publics et recel.

"Monsieur Guéant ne respecte pas les décisions de justice"

Il a aussi été condamné à payer, solidairement avec quatre autres prévenus, 210 000 euros en dommages et intérêts à l'Etat. Le 9 novembre, la chambre d'application des peines de la cour d'appel a révoqué une partie du sursis de Claude Guéant et une partie de sa liberté conditionnelle car elle a considéré qu'il ne procédait pas aux versements nécessaires.

"Monsieur Guéant ne respecte pas les décisions de justice qui le concernent" et "il met tout en œuvre pour ne pas avoir à les exécuter", a lancé le procureur financier. Dénonçant un "discours de victimisation" de la part du prévenu, qui "frôle le mépris" pour ces deux récentes décisions de justice, il a qualifié son comportement d'"indigne d'un ancien directeur général de la police nationale, d'un ancien ministre de l'Intérieur, d'un ancien secrétaire général de l'Elysée".

"Je ne témoigne d'aucun mépris pour les décisions de justice", s'est insurgé Claude Guéant à la barre. "Je n'ai pas payé pour une simple raison : je ne peux pas faire d'avantage !", s'est-il emporté. Plus tôt, il a assuré : "J'ai fait tout ce que je pouvais et je fais tout ce que je peux pour m'acquitter de ma dette".

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