Affaire Guéant : deux syndicats lui demandent de "rendre l'argent"

Selon un rapport, l'ex-ministre a reçu 10 000 euros de primes mensuels lorsqu'il était directeur de cabinet de Sarkozy place Beauvau, de 2002 à 2004.

Claude Guéant, alors ministre de l\'Intérieur, le 23 avril 2012, à Paris.
Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, le 23 avril 2012, à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Rendre l'argent pour le redistribuer. C'est ce que réclament deux syndicats, mardi 11 juin à Claude Guéant, après le rapport faisant état du versement mensuel de 10 000 euros de primes lorsqu'il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau, de 2002 à 2004.

FO-centrale, première organisation au ministère de l'Intérieur, "demande à M. Guéant de rendre ces importantes sommes d'argent pour qu'elles soient redistribuées équitablement à tous les agents du ministère", qui "subissent depuis 2010 une baisse de leur pouvoir d'achat". Le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-Snop, majoritaire chez les officiers de police) émet la même demande, soulignant la "rapidité" de la mission d'inspection sur les primes Guéant, "un sujet jusqu'ici marqué par l'opacité".

Débat jeudi soir à l'Assemblée

A la demande des députés radicaux de gauche, l'Assemblée nationale débattra jeudi soir de ce système de primes en liquide reçues par des membres de cabinets ministériels. Après leur suppression par le gouvernement de Lionel Jospin, "on croyait, naïvement sans doute, qu'à partir de 2002, il n'y en avait plus", a estimé mardi le député PRG Alain Tourret. Il a demandé "à ce que le gouvernement puisse répondre jeudi soir sur ce maintien : pendant quelle durée ? sur quelles personnes ? comment cela a-t-il pu se faire entre 2002 et 2004 ? On nous dit que cela s'est arrêté en 2004. Pourquoi ? Que je sache, M. Guéant est resté au pouvoir de 2002 jusqu'à 2012, et je voudrais bien comprendre ce qui a pu se faire".

Ce débat ne donnera lieu à aucun vote, mais le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, ou son collègue chargé des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, répondront aux questions des députés.