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Alain Juppé a appelé samedi à "regarder en face les problèmes d'immigration" lors d'une table ronde de la Licra

"Le mot immigration commence à devenir tabou, c'est presque comme si c'était un sacrilège", a déclaré le maire de Bordeaux invité à débattre avec le député PS Pierre Moscovici.
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(de droite à gauche) Alain Juppé, Pierre Moscovici et le journaliste Rachid Arhab le 2 avril à Bordeaux. (AFP - Pierre Andrieu)

"Le mot immigration commence à devenir tabou, c'est presque comme si c'était un sacrilège", a déclaré le maire de Bordeaux invité à débattre avec le député PS Pierre Moscovici.

Alors qu'il citait partiellement la déclaration de Michel Rocard, "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde...", le député PS du Doubs a tenu à poursuivre la citation de l'ancien Premier ministre socialiste "... mais elle doit en prendre fidèlement sa part". "Depuis quelques années, nous nous sommes écartés de l'équilibre", a dit Pierre Moscovici.

"La vraie solution aux flux migratoires n'est évidemment pas de construire un mur, certains ont tenté de le faire et on a vu ce que ça a donné", a repris M. Juppé, affirmant que sa "famille politique n'a jamais eu la moindre ambiguïté" sur le racisme et l'antisémitisme. Si c'était le cas, "je ne serais plus à l'UMP depuis longtemps", a-t-il dit.

Juppé plaide pour "une laïcité apaisée"
Evoquant la convention controversée sur la laïcité et l'islam voulue par le président de la République, désertée par de nombreuses personnalités tant à droite que dans le monde religieux, M. Juppé a redit que ce n'était "pas une bonne idée" à ses yeux.

"Ce genre de débat, ça risque de diviser plutôt que de rassembler aujourd'hui", a-t-il déclaré.

Mais il a estimé qu'"il y a dans l'islam des comportements aujourd'hui qui ne sont pas acceptables du point de vue des principes de la laïcité". "Il est tout à fait nécessaire aujourd'hui de rappeler que les principes de la laïcité ne permettent pas l'application de la charia", a-t-il souligné.

Estimant qu'une "laïcité apaisée doit se conjuguer avec un autre principe républicain: la liberté de pratiquer sa religion", M. Juppé a souhaité que soit "trouvé le point d'équilibre" et a appelé à se "cramponner" au modèle d'intégration républicain.

Moscovici "inquiet du climat de stigmatisation"

Pour sa part, l'ancien ministre socialiste aux Affaires européennes s'est dit "très inquiet du climat de stigmatisation dans lequel le pouvoir fait vivre ce pays". Avant de débattre avec Alain Juppé, M. Moscovici s'est demandé, devant des journalistes, comment ce dernier, un "républicain", "peut cautionner une politique qui fait de l'étranger un ennemi, de la diversité un problème, de l'islam un obstacle à la laïcité".

M. Juppé, "un homme de droite, se trouve dans un gouvernement où la thèse c'est: pas d'ennemi à droite, j'espère qu'Alain Juppé a encore des ennemis à droite", a ajouté M. Moscovici.

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