Affaire des "écoutes" de Nicolas Sarkozy : Nicole Belloubet demande l'ouverture d'une inspection sur les investigations du parquet national financier

Le PNF est au cœur de la polémique depuis l'article de l'hebdomadaire "Le Point" qui révélait sa discrète enquête sur plusieurs grands avocats pénalistes pour identifier, en vain, une "taupe" éventuelle.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet à l\'Assemblée nationale à Paris le 16 juin 2020.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet à l'Assemblée nationale à Paris le 16 juin 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Nouvel épisode dans l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, annonce mercredi 1er juillet avoir diligenté une inspection au sujet des investigations du parquet national financier (PNF). Nicole Belloubet a demandé à l'Inspection générale de la justice de conduire cette inspection après les révélations du Point, qui assurait mercredi 24 juin, que le PNF avait enquêté, en vain, entre 2014 et 2019, notamment via l'épluchage des fadettes (factures téléphoniques détaillées) de plusieurs ténors du barreau de Paris, pour identifier une "taupe" qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu'ils étaient sur écoute. 

"Cette inspection permettra de déterminer l'étendue et la proportionnalité des investigations effectuées et le cadre procédural de cette enquête", précise le communiqué du ministère. Le rapport devrait être rendu le 15 septembre prochain.

"A aucun moment, les magistrats et les enquêteurs (...) ne sont sortis des clous", a défendu mardi l'actuel chef du PNF, Jean-François Bohnert. "Le PNF a fait exploiter ces fadettes tout simplement parce qu'il était à la recherche d'une fuite qui s'était produite dans une autre procédure et l'objectif c'était (...) en proportionnalité de travailler" pour "faire la lumière", a-t-il justifié.

Eric Dupond-Moretti, l'un des avocats concernés par cette procédure, a indiqué avoir déposé mardi une plainte pour "violation de l'intimité de la vie privée et du secret des correspondances" et "abus d'autorité". Le bâtonnier de Paris, Me Olivier Cousi, qui a fustigé une enquête "hors normes et inquiétante", a également annoncé une prochaine action en justice.