"Mur des cons" : le Syndicat de la magistrature invoque la "liberté d'opinion"

Dans une lettre ouverte publiée par Rue89, le syndicat attaque Christiane Taubira.

Capture d\'écran de la vidéo montrant le \"mur des cons\" affiché dans les locaux parisiens du Syndicat de la magistrature, publiée le 23 avril 2013 sur le site Atlantico.
Capture d'écran de la vidéo montrant le "mur des cons" affiché dans les locaux parisiens du Syndicat de la magistrature, publiée le 23 avril 2013 sur le site Atlantico. (ATLANTICO)

Le Syndicat de la magistrature (SM) était plutôt silencieux depuis la révélation de son "mur des cons". Il est sorti de son silence, vendredi 26 avril, pour accuser Christiane Taubira, qui a saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), de s'en prendre à la "liberté d'opinion des syndicalistes", dans une lettre ouverte publiée par Rue89"Souhaitez-vous donc réglementer la liberté d'opinion des syndicalistes, définir les standards de l'affichage autorisé dans les locaux syndicaux ?", demande le syndicat.

Alors que la ministre de la Justice avait estimé que "le devoir de réserve des magistrats suppose de la retenue, même dans le cadre de l'expression syndicale", la présidente du SM, Françoise Martres, répond que "cette violation de notre sphère privée syndicale n'est pas 'une expression syndicale', laquelle est par nature publique""Est-il besoin de vous rappeler que 'l'obligation de réserve' ne s'applique qu'à l'expression publique des magistrats et qu'elle ne constitue ni une obligation au silence, ni une obligation de neutralité?" ajoute-t-elle.

"En raison de l'amalgame qui est fait entre expression privée et action syndicale, c'est bien l'expression publique syndicale et, par conséquent, le fait syndical dans la magistrature que vous remettez en question par votre saisine consternante du Conseil supérieur de la magistrature. Nous attendions plutôt de vous, Madame la ministre, que vous défendiez vous-même cette liberté syndicale", écrit Françoise Martres à la fin de sa lettre.