"Mur des cons" : l'ex-présidente du Syndicat de la magistrature condamnée pour injure contre un père de victime

Le tribunal a relaxé Françoise Martres pour des motifs de forme s'agissant des poursuites engagées par des politiques de droite et d'extrême droite, dont les portraits étaient aussi épinglés sur ce panneau.

François Martes, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, le 29 octobre 2015 à Paris.
François Martes, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, le 29 octobre 2015 à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

La justice a sévèrement critiqué  le "Mur des cons" du Syndicat de la magistrature, un trombinoscope jugé injurieux et "inconcevable de la part de magistrats". Dans cette affaire vieille de six ans, Françoise Martres, une magistrate de 61 ans, était poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris par une quinzaine de plaignants, essentiellement des personnalités politiques de droite ou d'extrême droite. Elle a finalement été condamnée pour injure publique uniquement au préjudice d'un père de victime, Philippe Schmitt.

Ce trombinoscope affiché dans les locaux du syndicat classé à gauche avait suscité une vive polémique en avril 2013. Une vidéo filmée discrètement par un journaliste de France 3 de passage avait révélé que des dizaines de photos de politiques, essentiellement de droite, magistrats ou journalistes, y étaient accrochées sur un "Mur des cons".

Plusieurs plaintes incomplètes ou non-recevables

Le tribunal a relaxé Françoise Martres pour des motifs de forme s'agissant des poursuites engagées par des politiques de droite et d'extrême droite dont les portraits étaient épinglés sur ce panneau. Robert Ménard (qui y figurait) et le Rassemblement national ont été déboutés car leurs plaintes étaient incomplètes.

Neuf élus ou ex-élus de droite comme Patrick Balkany et Eric Woerth ont pour leur part été déboutés car leurs plaintes visaient des faits d'injure publique "envers un membre de l'Assemblée nationale" quand le tribunal n'a pu déterminer si l'injure était dirigée contre eux en raison de leurs fonctions ou si elle visait leurs personnes privées. Les tardives constitutions de partie civile de Nadine Morano, Dieudonné, Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan, qui étaient également affichés sur le mur, ont été déclarées irrecevables.

Le général Philippe Schmitt, dont la fille avait été assassinée par un récidiviste dans un RER, est donc seul à avoir obtenu pleine satisfaction. Pour injure publique contre lui, Françoise Martres a été condamnée à 500 euros d'amende avec sursis, ainsi qu'à lui verser 5 000 euros de dommages et intérêts et 10 000 euros au titre des frais de justice.