Financement libyen de la campagne de 2007 : en fuite au Liban, Ziad Takieddine retire ses accusations à l'encontre de Nicolas Sarkozy

"La vérité éclate enfin", s'est félicité l'ancien chef d'Etat, mis en examen pour "association de malfaiteurs" dans cette affaire.

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L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, le 8 octobre 2019 au tribunal à Paris. (MAXPPP)

Le sulfureux intermédiaire change de version et assure désormais qu'il "n'y a pas eu de financement de campagne présidentielle de Sarkozy" par le régime de Mouammar Kadhafi. En fuite à Beyrouth, après avoir été condamné en juin en France dans le volet financier de l'affaire Karachi, l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a décidé, mercredi 11 novembre, de retirer ses accusations à l'encontre de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle en 2007. Dans une vidéo dévoilée par Paris Match et BFMTV, le principal accusateur de l'ancien président assure "haut et fort" avoir été manipulé par l'ancien juge d'instruction en charge du dossier. 

Pas d'accord d'extradition entre la France et le Liban

En novembre 2016, l'homme d'affaires avait affirmé avoir remis entre fin 2006 et début 2007 cinq millions d'euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant. A plusieurs reprises, ensuite, devant le juge d'instruction Serge Tournaire, Ziad Takieddine a confirmé avoir transporté cet l'argent libyen destiné à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. En janvier 2020, devant les successeurs de Serge Tournaire, Aude Buresi et Marc Sommerer, l'homme d'affaires n'est pas revenu sur ces déclarations.

Malgré ce revirement soudain, la justice française ne devrait pas revoir Ziad Takieddine de sitôt. Comme le rappelaient Les Echos au moment de la fuite de Carlos Ghosn à Beyrouth, le Liban et la France ne sont liés par "aucune convention d'entraide judiciaire en matière pénale", ce qui signifie que le Liban n'a aucune obligation de livrer l'intermédiaire aux autorités françaises.

Nicolas Sarkozy réclame sa "démise en examen"

"La vérité éclate enfin", s'est aussitôt félicité Nicolas Sarkozy sur les réseaux sociaux. L'ancien président, mis en examen pour "associations de malfaiteurs" le 16 octobre dernier dans cette affaire, estime que ce revirement met la procédure judiciaire sur ce dossier "dans une impasse complète".

"Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m'a remis d'argent, jamais il n'y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007", ajoute-t-il. "Je demande à mon avocat Thierry Herzog de déposer une requête en démise en examen et d'engager une procédure pour dénonciation calomnieuse contre Ziad Takieddine dont les précédentes allégations m'ont causé un préjudice considérable", poursuit-il.

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