"Complot", "acharnement"… Bernard Tapie se présente en victime

L'homme d'affaires était l'invité du journal de France 2, lundi soir, afin de s'expliquer sur sa mise en examen pour "escroquerie en bande organisée".

Bernard Tapie, le 1er juillet 2013 sur la plateau du 20 heures de France 2.
Bernard Tapie, le 1er juillet 2013 sur la plateau du 20 heures de France 2. (FRED DUFOUR / AFP)

Mis en examen pour "escroquerie en bande organisée", Bernard Tapie s'est dit victime d'"un complot", lundi 1er juillet au journal de 20 heures de France 2. L'homme d'affaires était invité pour évoquer les suites de l'affaire Adidas-Crédit lyonnais

Dans cette affaire, Bernard Tapie est soupçonné d'avoir truqué à son profit l'arbitrage du litige qui l'oppose depuis 1993 au Crédit lyonnais. Cette procédure avait obligé l'Etat, via le Consortium de réalisation (CDR), l'organisme qui gérait le passif de la banque, à verser 403 millions d'euros à l'ancien propriétaire d'Adidas.

Après d'avoir défendu de façon technique sa vision de l'affaire, il s'est posé en victime d'un acharnement aussi bien politique que médiatique. 

Victime d'un acharnement politique

Pour Bernard Tapie, pas de doute : l'affaire de l'arbitrage est un complot destiné à l'abattre. Mais aussi à abattre l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. "Oui Monsieur, c'est un complot !", a-t-il lancé à David Pujadas.

L'homme d'affaires a poursuivi son propos par une curieuse anecdote sur la Coupe du monde 1998, censée prouver l'acharnement dont il serait l'objet : "Je vais vous l'expliquer, c'est très simple. Le soir de la victoire de la Coupe du monde de foot, qui a été gagnée par une équipe dans laquelle il y avait plus de la moitié qui était des Marseillais, j'ai essayé d'avoir une invitation pour la finale (…). J'ai pas eu le droit à une invitation. Et Didier Deschamps, quand on lui remet le trophée, la première déclaration, il dit : 'Cette Coupe du monde, on la doit à Bernard Tapie'. Il y a deux France, Monsieur, celle de ceux qui ont le droit, et celle de ceux qui n'ont pas le droit."

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Sur le fond du dossier, Bernard Tapie a affirmé que la décision de recourir à l'arbitrage avait été prise par Christine Lagarde et que Nicolas Sarkozy avait donné son "feu vert". Interrogé sur le point de savoir s'il était allé plaider sa cause à l'Elysée, l'homme d'affaires a de nouveau vivement réagi, tout en changeant de sujet pour évoquer ses relations avec Christiane Taubira.

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Victime d'un acharnement médiatique

Tout au long de l'entretien, Bernard Tapie a critiqué le traitement médiatique de ses ennuis judiciaires. "Pour vous dire la vérité, ma garde à vue était moins difficile à vivre que les cinq semaines que les médias m'ont fait vivre avant. Chaque jour, chaque heure, chaque journal télévisé, les unes des magazines… Je n'avais jamais vu un tel acharnement", a-t-il déclaré d'emblée.

Pourtant propriétaire des quotidiens régionaux La Provence et Nice Matin, l'homme d'affaires s'en est pris à la presse écrite. Agacé que David Pujadas lui cite des extraits de ses auditions parus dans la presse, il réplique, en contestant leur authenticité : "Arrêtez de lire les journaux. Si vous m'invitez pour lire les journaux, je vous laisse seul avec vos journaux."

Victime d'une "France haineuse"

Enfin, Bernard Tapie a accusé ses détracteurs d'en vouloir à son parcours d'homme d'affaires et à sa réussite. "Vous êtes tellement partisan de la France qui pleure, de la France haineuse, vous nourrissez ça à longueur de journée, c'est ça que vous visez, 'vous vous rendez compte, il a gagné de l'argent'", a-t-il lancé à David Pujadas.

>> Revivez l'intégralité de l'entretien en vidéo :

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