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Bernard Tapie a participé à une réunion à l'Elysée sur l'arbitrage

C'est ce qu'a affirmé l'ancien directeur du cabinet de la ministre de l'Economie lors de sa garde à vue. L'homme d'affaires s'explique après cette révélation.

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L'homme d'affaires Bernard Tapie, le 26 mai 2013 au stade Vélodrome de Marseille (Bouches-du-Rhône).  (KARINE VILLALONGA / SIPA)

Bernard Tapie était présent à l'Elysée, en 2007, lors d'une réunion cruciale à propos de l'affaire qui l'opposait au Crédit lyonnais. C'est ce qu'a affirmé Stéphane Richard, le PDG d'Orange, aux enquêteurs pendant sa garde à vue, selon une source proche citée jeudi 13 juin. 

Ce qu'a dit Stéphane Richard aux enquêteurs

Le patron d'Orange et ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde a déclaré que l'homme d'affaires était présent, en 2007, à une réunion à l'Elysée destinée à mettre en place la procédure d'arbitrage dans le contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. Arbitrage favorable à l'homme d'affaires, qui a obtenu au terme de cette procédure 240 millions d'euros de réparation, auxquels s'ajoutaient une centaine de millions d'euros d'intérêts et surtout 45 millions d'euros pour préjudice moral.

Mis en examen mercredi 12 juin pour "escroquerie en bande organisée", Stéphane Richard a expliqué, durant sa garde à vue de 48 heures, avoir été "convoqué" à une réunion à l'Elysée par le secrétaire général de l'Elysée de l'époque, Claude Guéant, le 24 ou 25 juillet 2007, a indiqué la source proche de l'enquête. Jean-François Rocchi, président du CDR, également mis en examen, avait reçu la même convocation à cette réunion, dont l'objet n'avait pas été précisé, a ajouté cette source. Claude Guéant avait indiqué : "Nous allons faire l'arbitrage",  selon ce qu'a rapporté Stéphane Richard aux enquêteurs. Jean-François Rocchi a également dit que Bernard Tapie était présent à cette réunion. 

Ce que répond Bernard Tapie

"Des réunions ont eu lieu. Notamment au mois de juillet 2007", explique Bernard Tapie, interrogé jeudi soir par Le Figaro. L'homme d'affaires indique que ces réunions ont eu lieu en présence notamment de Stéphane Richard, Jean-François Rocchi et Claude Guéant. "Étais-je présent, peut-être, s'ils le disent. Il n'y a aucune raison qu'ils mentent", ajoute Bernard Tapie, laissant planer un doute. Il précise que Nicolas Sarkozy n'était pas présent lors de ces réunions. 

Voyait-il le président de la République au moment de l'arbitrage rendu en sa faveur ? Bernard Tapie reste flou : "Je l'ai toujours vu quand il était ministre de l'Intérieur puis président de la République et aujourd'hui encore. Et alors ? Mais vous savez, j'ai beaucoup plus vu en son temps le président François Mitterrand !" Et si Nicolas Sarkozy a donné son feu vert à l'arbitrage en sa faveur, l'homme d'affaire insiste que la décision du président a été rendue "après de très nombreuses réunions officielles". Et il précise que "tout le monde a donné son feu vert"

Ce que l'on sait des rencontres Sarkozy-Tapie

Selon L'Express, cette réunion sur la mise en place de l'arbitrage à l'Elysée a eu lieu le 30 juillet 2007. Ce matin-là, l'homme d'affaires est reçu par Nicolas Sarkozy. Puis, Bernard Tapie participe à la réunion, d'après le magazine.
 
"La présence [de Bernard Tapie] prouve qu'il est directement associé à des discussions concernant son propre sort", écrit l'hebdomadaire, qui a relevé pas moins de douze rencontres entre l'hommes d'affaires et le président entre 2007 et 2012, sur l'agenda du chef d'Etat. "Parfois, ces rendez-vous recoupent étrangement le calendrier des discussions autour de l'arbitrage", constatait déjà l'hebdomadaire en février 2013
 
D'après Europe 1 jeudi 13 juin, Nicolas Sarkozy  est "ulcéré" par la remise en cause de l'arbitrage. L'affaire Tapie "obsède" l'ancien président de la République, qui charge Claude Guéant, explique la radio."Je ne suis jamais intervenu", répète l'ancien président, écrit Europe1. L'ancien chef d'Etat raconte qu'il s'en est tenu aux arguments présentés par Claude Guéant. Europe 1 ajoute : "Nicolas Sarkozy s'en serait alors remis à la sagesse de son bras droit sans poser de questions."

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