Christine Lagarde de nouveau entendue dans l'affaire Tapie

La Cour de justice de la République s'interroge sur le rôle de l'ancienne ministre de l'Economie dans l'arbitrage en faveur de Bernard Tapie en 2008.

Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, le 4 février 2014 à Londres (Grande-Bretagne).
Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, le 4 février 2014 à Londres (Grande-Bretagne). (BEN STANSALL / AFP)

L'affaire Tapie poursuit Christine Lagarde. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a été de nouveau entendue, le 31 janvier, par la Cour de justice de la République (CJR) pour son rôle, en tant que ministre de l'Economie, dans l'arbitrage en faveur de Bernard Tapie dans le conflit qui l'opposait au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas, en 2008. Une source proche du dossier a confirmé une information d'i-Télé.

Cette audition a duré "plusieurs heures". Déjà témoin assisté devant la CJR, l'ancienne ministre en est ressortie sous le même statut.  Elle avait déjà été entendue devant cette cour, seule habilitée à enquêter ou juger des faits commis par des membres d'un gouvernement.

Une lettre paraphée au cœur du dossier

Les juges s'interrogent notamment sur une lettre du 23 octobre 2007, une des seules instructions écrites de Christine Lagarde figurant au dossier. Ils pensent qu'elle a pu être paraphée par la "griffe", une signature pré-imprimée susceptible d'être utilisée notamment par son directeur de cabinet en son absence. Mais devant les parlementaires en 2008, Christine Lagarde avait confirmé "avoir donné des instructions" pour soutenir "la décision du CDR [le Consortium de réalisation, gérant le passif du Crédit lyonnais] d'aller en arbitrage" et avait dit assumer "la responsabilité des instructions écrites". Elle avait évoqué cette lettre du 23 octobre.

Des juges du pôle financier ont déjà mis en examen cinq acteurs de ce dossier pour "escroquerie en bande organisée" : Bernard Tapie, qui avait bénéficié de 403 millions d'euros en réparation de son préjudice lors de la vente d'Adidas par le Crédit lyonnais, son avocat Maurice Lantourne, l'un des trois juges arbitres Pierre Estoup, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, et Jean-François Rocchi, patron à l'époque du CDR. Les magistrats soupçonnent une entente illicite entre ces protagonistes et un "simulacre" d'arbitrage en faveur de Bernard Tapie.