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Affaire Bettencourt : après Banier mis en examen, à qui le tour?

Le parquet de Bordeaux a sous-entendu mercredi qu'une mise en examen de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, pourrait suivre celle de François-Marie Banier. 

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François-Marie Banier et Liliane Bettencourt lors d'une exposition du travail du photographe en Allemagne, en 2004. (HORST OSSINGER / AFP)

L'étau se resserre autour des hommes de confiance de Liliane Bettencourt. François-Marie Banier et son compagnon, Martin d'Orgeval, ont été mis en examen mercredi 14 décembre à Bordeaux. Plus tôt dans la journée, le gestionnaire des finances de l'héritière de L'Oréal, Patrice de Maistre, a été interpellé à l'aéroport de Roissy. 

Depuis que les experts médicaux ont estimé que les premières manifestations de la maladie d'Alzheimer de Liliane Bettencourt datent de 2006, les bénéficiaires de ses largesses après cette date fatidique sont rattrapés par la justice. Ils seront entendus par le juge bordelais Jean-Michel Gentil, dans le cadre d'une information pour "escroquerie", "abus de confiance", "blanchiment", "abus de faiblesse" et "recel" ouverte le 29 septembre.

• François-Marie Banier : l'artiste chouchouté 

Le photographe a été mis en examen mercredi pour "abus de faiblesse, abus de confiance, escroquerie aggravés et blanchiment". Martin d'Orgeval, lui, est poursuivi pour "abus de faiblesse, blanchiment, recel de ces délits". Ils restent cependant libres sous contrôle judiciaire. Tous deux ont été interpellés à leur domicile parisien lundi à 6 heures et ont passé deux nuits à la prison de la Santé, à Paris.

Ils doivent répondre de leurs relations avec Liliane Bettencourt et des cadeaux qu'elle leur aurait offerts à partir de septembre 2006. Les deux hommes auraient reçu de l'argent et des objets d'art à hauteur de respectivement 103 et 23 millions d'euros entre septembre 2006 et mars 2008, explique RTL.

En 2007, la fille de l'octogénaire, Françoise Bettencourt-Meyers, avait porté plainte pour "abus de faiblesse" à l'encontre du photographe, ami et confident largement gâté par Liliane Bettencourt. A la suite d'un arrangement avec sa mère, elle s'est ravisée en 2010. François-Marie Banier a alors renoncé à plus de la moitié des dons reçus depuis sa rencontre avec la milliardaire en 1969, dont des assurances-vie, mais a gardé environ 300 millions d'euros de cadeaux divers, note L'Expansion. 

• Patrice de Maistre : le gestionnaire discret

L'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt a été interpellé mercredi 14 décembre à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu'il rentrait d'un voyage au Gabon. Objet d'un mandat d'amener, il a été conduit à la prison de la Santé avant d'être transféré jeudi matin à Bordeaux. Il devrait y être entendu sous quatre jours par le juge Jean-Michel Gentil. "Son transfèrement à Bordeaux pour une éventuelle mise en examen est en cours d'organisation", a fait savoir mercredi soir le parquet de Bordeaux.

L'homme de confiance de l'héritière, dont Rue89 a dressé le portrait en novembre 2010, est soupçonné d'abus de faiblesse. En 2008, Liliane Bettencourt lui a offert 5 millions d'euros sous la forme d'un don manuel devant notaire, avait révélé L'Express en juillet 2010. Dans les enregistrements publiés un mois plus tôt par le site d'investigation Mediapart (article abonnés), Patrice de Maistre apparaît comme le maître des finances de l'octogénaire. 

Décoré de la Légion d'honneur en 2008 par Eric Woerth, alors ministre du Budget, il s'est déjà défendu d'avoir abusé de la faiblesse de son employeur : "Je la conseille, mais elle prend ses décisions en toute connaissance de cause", assurait-il dans un entretien au Figaro paru en juin 2010. 

• Pascal Wilhelm : l'avocat omniprésent

L'ancien mandataire de Liliane Bettencourt, Pascal Wilhelm, serait également dans le collimateur du juge Gentil. Il n'est visé par aucune procédure. Cependant, une source proche du dossier a confié à l'AFP mercredi que sa convocation à Bordeaux était envisagée.

Lors d'une perquisition au cabinet de l'avocat parisien le 13 octobre, des mails et des lettres ont été saisis par le juge, rapporte Le Monde daté du 14 décembre (article abonnés). Une correspondance "compromettante", estime le quotidien, qui écrit : "Le magistrat dispose de documents prouvant, à l'évidence, que Liliane Bettencourt était dans l'incapacité de régler les moindres détails de sa vie courante."

Le journal cite notamment un investissement de 143 millions d'euros dans la société Lov, "gérée par l'homme d'affaires Stéphane Courbit, dont l'avocat est… Wilhelm".

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