Critiqué ces dernières semaines, le parquet national financier assure toujours "respecter la règle de droit"

Jean-François Bohnert, procureur de la République financier, affirme que l'institution se conforme "strictement aux exigences du code de procédure pénale". Celle-ci a récemment fait l'objet de plusieurs critiques dans différentes affaires.

Le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert, dans son bureau, le 17 octobre 2019, à Paris.
Le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert, dans son bureau, le 17 octobre 2019, à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le procureur de la République financier a choisi de prendre la parole pour défendre son institution. Le parquet national financier (PNF), récemment critiqué dans l'affaire Fillon, Kohler ou dans celle des "écoutes" visant Nicolas Sarkozy, "ne se dispense jamais de respecter la règle de droit", a affirmé son patron, Jean-François Bohnert, lors d'un entretien accordé à l'AFP vendredi 26 juin.

Dans toutes les affaires qu'il traite, [le PNF] se conforme strictement aux exigences du Code de procédure pénale et utilise, sans les outrepasser, les prérogatives que la loi reconnaît aux parquets, et donc au PNF. Jean-François Bohnert, procureur de la République financierà l'AFP

Il y a quelques semaines, l'ex-procureur national financier Eliane Houlette, partie à la retraite fin juin 2019, a affirmé avoir subi des "pressions" procédurales de la part du parquet général dans la conduite de l'affaire Fillon. Ses déclarations ont été interprétées par le camp de l'ex-candidat à la présidentielle comme l'aveu de pressions politiques pour mettre en cause leur champion. Et plus récemment, le PNF s'est vu reprocher le classement sans suite, après une lettre d'Emmanuel Macron, d'une enquête visant son bras droit, Alexis Kohler, soupçonné de conflits d'intérêt.

Nicolas Sarkoy parle "d'accumulation de dysfonctionnements"

Enfin, l'ancien président Nicolas Sarkozy a demandé jeudi "toute la vérité" sur l'"invraisemblable accumulation de manquements et de dysfonctionnements", après la révélation par Le Point de l'ampleur des investigations ayant visé notamment des ténors du barreau et menées par le PNF pour identifier, en vain, une "taupe" éventuelle dans l'affaire dite des "écoutes". Face à ces dernières révélations, qui ont ulcéré les avocats concernés, le bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, a annoncé une "action" en justice. "Légale ou pas légale, je ne sais pas, mais [l'enquête du PNF] est hors norme et inquiétante", a-t-il estimé.

Côté politique, le parquet national financier a été qualifié d'"officine" par l'ancienne garde des Sceaux LR Rachida Dati, tandis que le député LR Eric Ciotti a évoqué un "Watergate à la française" et estimé que "la question de l'existence du PNF" se posait. A gauche, le chef de file du PS, Olivier Faure, a affirmé que "l'Etat de droit suppose que n'importe quel justiciable – Nicolas Sarkozy compris – soit respecté dans ses prérogatives et dans ses droits".