Affaire Penelope Fillon : "Il n'y a rien de pire que son camp qui éclate"

François Fillon dénonce une "opération professionnelle" de "calomnie" après les nouvelles révélations concernant sa femme et ses enfants. Est-ce une bonne stratégie ? Jean-Luc Mano, spécialiste de la communication politique, analyse la défense du candidat Les Républicains, pour franceinfo. 

Le candidat Les Républicain François Fillon, le 31 janvier, à Paris. 
Le candidat Les Républicain François Fillon, le 31 janvier, à Paris.  (THOMAS SAMSON / AFP)

François Fillon tente de se dépêtrer des soupçons d’emplois fictifs qui pèsent sur sa femme est ses enfants. Après avoir dénoncé une "opération professionnelle" de "calomnie", mercredi 1er février, François Fillon crie au "coup d’état institutionnel" venu de la gauche. Pour Jean-Luc Mano, spécialiste de la communication politique et directeur du cabinet Only Conseil, les propos du candidat Les Républicains sont révélateurs d’ "un vent de panique".

Invité sur franceinfo, il a jugé que son attaque de la gauche, "c'est d’un classicisme à toute épreuve." Il y a eu une première phase où l’on a accusé la presse" et puis "l’on est dans une deuxième phase où on accuse l’adversaire et on dit qu’il y a un complot politique de l’adversaire" ajoute Jean-Luc Mano. 

Parler du fond pour s'en sortir 

"Est-ce que ça peut le sauver ?", s’interroge le spécialiste de la communication politique. "Je n’en sais rien, mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est que quand on fait ça, on cherche à radicaliser son camp et c’est donc très en cohérence avec ce qu’il a dit ce matin (mercredi) à ses troupes."

Le directeur du cabinet Only Conseil estime qu’ "il n’y a pas d’autre moyen" pour François Fillon que de parler du fond du dossier (comme il l’a fait la semaine dernière sur TF1).

Le mieux s’il en parle pour désamorcer, c’est de le faire avec les bonnes dates. Évidemment, si on manque de rigueur, c’est plus difficile. Mais il n’y a pas beaucoup de choix là.Jean-Luc Mano, directeur du cabinet Only Conseil à franceinfo

"Le mal est évidemment déjà fait surtout que l’on vit dans une période d’immense chamboule tout, de jeu de massacre", explique Jean-Luc Mano. "On voit bien que les peuples occidentaux, et singulièrement en France, sont en train de dégager un certain nombre de responsables politiques" souligne le spécialiste en communication politique, avant d'ajouter :"Et on peut se demander si François Fillon qui a été l’instrument du dégagement d’Alain Juppé et surtout de Nicolas Sarkozy, ne va pas être victime de ce mouvement."

Quelle échappatoire pour Les Républicains ?

Mercredi 1er février, sur franceinfo, le député Les Républicains, Georges Fenech, a eu des mots durs pour François Fillon. "La primaire est caduc" a-t'il lancé, jugeant "sa candidature très compromise."  "C'est le plus terrible qui puisse arriver à François Fillon, affirme Jean-Luc Mano, c'est à dire qu'une partie de sa base se mette à le lâcher. Il n'y a rien de pire que son camp qui éclate".

Désormais, seule échappatoire pour Les Républicains selon le spécialiste de la communication politique, "il faut qu'ils trouvent une solution pour clore cette affaire avec des éléments probants très rapidement, et sans doute que Penelope Fillon parle au pays, car c'est très étrange en terme de communication que cette femme ne s'adresse pas au pays".

La défense de François Fillon est "d’un classicisme à toute épreuve", selon Jean-Luc Mano
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