A la convention identitaire, Harlem Désir est un "petit kapo de camp de rééducation antiraciste"

Le président du Bloc Identitaire s'en est vivement pris, à la tribune, au premier secrétaire du PS.

La convention du parti d\'extrême-droite Bloc identitaire à Orange (Vaucluse), le 3 novembre 2012
La convention du parti d'extrême-droite Bloc identitaire à Orange (Vaucluse), le 3 novembre 2012 (GERARD JULIEN / AFP)

POLITIQUE - L'extrême-droite s'affiche sans complexe à Orange (Vaucluse), pour la convention du Bloc identitaire. Son président, Fabrice Robert, s'en est pris publiquement à la loi Pleven de 1972 qui punit notamment l'incitation à la haine raciale, y voyant un moyen de "bâillonner toute expression de fierté autochtone (...) pour faire passer la pilule de la submersion migratoire". Dans cette optique, il a directement pris pour cible le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir.

Dénonçant un "anti-racisme" à géométrie variable, Fabrice Robert a lancé le terme d'"anti-racisme banania". Il a ainsi qualifié Harlem Désir, par ailleurs ancien président de SOS Racisme, de "petit kapo de camp de rééducation antiraciste".

Deux semaines après l'occupation du chantier de la mosquée de Poitiers pour "fêter les 1600 ans de la victoire de Charles Martel contre les Sarrasins", le parti fête ses dix ans devant 800 congressistes, mais pas les députés Christian Vanneste et Jacques Bompard, qui se sont décommandés. Le Bloc identitaire mêle des références au traditionnalisme catholiques, une ligne anti-islam très marquée, et la défense de la ruralité, et est dirigé par des déçus du Front national ou du MNR de Bruno Mégret.

"Bâtonner quand notre patrie charnelle est envahie" 

Avant lui, le député européen italien de la Ligue du Nord, Mario Borghezio, a été ovationné lorsqu'il a crié à la tribune : "Vive les blancs de l'Europe, vive notre identité, notre ethnie, notre race". L'eurodéputé qui n'en est pas à son premier dérapage, s'est ensuite exprimé en français : "il faut être avec le livre, la doctrine", "mais il faut aussi bâtonner quand notre patrie charnelle est envahie", a-t-il lancé, "bâtonner" voulant visiblement dire "bastonner".

L'objectif du parti à terme est de peser sur la vie politique française autrement que par des coups médiatiques comme l'occupation de la mosquée de Poitiers, avec une alliance avec le FN pour les municipales de 2014. Un des leaders du Bloc identitaire, Philippe Vardon, explique : "2014 est pour nous clairement un objectif. Nous considérons que les identitaires doivent désormais passer de l'existence médiatique et politique à l'existence dans la sphère de l'action publique". Aux dernières nouvelles, Marine Le Pen n'y est pas favorable.