Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Trouver à manger au Venezuela, un parcours du combattant

Que se passe-t-il au Venezuela ? Le pays gouverné par Nicolas Maduro est en crise, et la population souffre de la faim. Une équipe d'"Envoyé spécial" a passé deux semaines à Caracas, avec les "gardiens de la révolution" d'Hugo Chávez… et les autres. Extrait.

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Malgré les immenses ressources pétrolières de leur pays, des millions de Vénézuéliens souffrent de la faim. La farine manque régulièrement. Cette boulangerie a été pillée à plusieurs reprises ces derniers mois. Pour la première fois depuis une semaine, elle vient d'être livrée. Une queue d'une centaine de personnes s'allonge devant la devanture. Les gens attendent depuis 6 heures du matin. Extrait d'"Envoyé spécial".

Une femme en uniforme passe dans la rangée pour distribuer des numéros, un par personne, qui donne droit à un sac de pain. Elle appartient au colectivo, le collectif chargé de la distribution de tickets d'alimentation comme de la sécurité du barrio (quartier). Des groupes armés au service du régime souvent qualifiés de "milices chavistes". En échange de sa protection, le colectivo touche un pourcentage des ventes qui lui permet de se financer.

"Je passe mon temps à chercher de la nourriture"

"C'est tous les jours comme ça, explique Gregori, un jeune chaviste que le journaliste François Cardona a suivi. Et encore, s'il y a de la farine ! En ce moment, la production a baissé, mais on nous a dit qu'elle allait reprendre. Et quand il n'y a pas de pain, franchement, c'est vraiment dur." Le jeune homme reste optimiste : "Au moins, les choses s'améliorent progressivement. Parce qu'avant, on pouvait rester quinze jours sans farine !"

Un optimisme que ne partage pas Isabelle, femme au foyer qui a cinq enfants à nourrir, sans compter ses parents : "Et quand on a une famille nombreuse, on fait quoi ? Avec un seul petit sac de pain, je ne m'en sors pas, moi ! [...] Je passe mon temps à chercher de la nourriture. On va d'un endroit à un autre sans en trouver suffisamment. Il n'y a plus de pâtes, de farine ni même de riz. Et si vous en trouvez, c'est hors de prix !" Un paquet de pâtes ou de riz coûte presque 1,50 euro, la moitié du salaire hebdomadaire de son mari : 3 euros et des tickets d'alimentation. "Même les supermarchés n'affichent plus les prix, poursuit-elle. La situation est pourrie. Mais il faut bien s'accrocher."

Extrait de "Venezuela, naissance d'une dictature ?", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 11 janvier 2018.

ENVOYÉ SPÉCIAL  / FRANCE 2. 11 janvier 2018
ENVOYÉ SPÉCIAL  / FRANCE 2. 11 janvier 2018 (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)