Venezuela : le Chili accorde l'asile à cinq juristes de l'opposition

Ils s'étaient réfugiés dans l'ambassade chilienne à Caracas (Venezuela), fin juillet et début août, en raison de la violente crise politique qui secoue le pays.

Des opposants au gouvernement de Nicolas Maduro manifestent dans les rues de Caracas (Venezuela), le 12 août 2017.
Des opposants au gouvernement de Nicolas Maduro manifestent dans les rues de Caracas (Venezuela), le 12 août 2017. (RAYNER PENA / DPA)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Le Chili annonce avoir accordé l'asile diplomatique à cinq juristes vénézuéliens, mardi 22 août. Ces opposants au président socialiste Nicolas Maduro s'étaient réfugiés dans l'ambassade chilienne à Caracas (Venezuela), fin juillet et début août, en raison de la violente crise politique qui secoue le pays.

"L'heure est venue d'honorer notre engagement et notre solidarité, a déclaré le ministre chilien des Affaires étrangères Heraldo Muñoz. Le gouvernement du Chili a décidé d'accorder à ces cinq citoyens vénézuéliens l'asile diplomatique". Des sauf-conduits ont été réclamés au Venezuela pour leur permettre de sortir du pays.

Le gouvernement avait ordonné leur arrestation

Les cinq juristes – trois femmes et deux hommes – faisaient partie des 33 juristes nommés magistrats de la Cour suprême par le Parlement, à majorité d'opposition. Mais le gouvernement avait refusé ces nominations, niant toute légitimité au Parlement, et ordonné le même jour l'arrestation des juristes. L'un d'eux avait été interpellé le lendemain puis présenté devant un tribunal militaire. Par ailleurs, cinq autres juristes ont, eux, rejoint la Colombie voisine, début août.

Le président du parti social-chrétien d'opposition Copei, Roberto Enriquez, avait été le premier Vénézuélien à demander protection à l'ambassade chilienne en avril. Mais il n'a pas été précisé s'il avait lui aussi fait une demande d'asile. Roberto Enriquez avait été accusé par le parti au pouvoir d'être impliqué dans un "projet de coup d'Etat" contre le gouvernement de Nicolas Maduro.

Le Chili appelle au "respect des droits de l'homme"

Le Venezuela est confronté à sa pire crise économique et politique depuis des décennies. Les manifestations exigeant le départ du chef de l'Etat ont fait 125 morts depuis début avril. "Nous continuons d'espérer que la situation de crise que vit le peuple vénézuélien puisse se résoudre le plus rapidement possible, que l'on puisse rétablir l'ordre démocratique et le respect des droits de l'homme de façon pacifique", a déclaré le ministre chilien des Affaires étrangères.

Onze pays d'Amérique latine et le Canada ont récemment condamné la "rupture démocratique" au Venezuela, s'ajoutant aux critiques de Washington, de l'ONU et de l'Union européenne. Jusqu'à présent, le président Maduro est resté sourd aux pressions venues de l'étranger.