Venezuela : après "l'attentat" contre Nicolas Maduro, le pouvoir s'en prend à l'opposition

Le président vénézuélien a accusé plusieurs opposants d'être derrière l'"attentat" dont il dit avoir été la cible samedi dernier à Caracas. 

Le président vénézuélien Nicolas Maduro s\'exprime lors d\'une allocutation télévisée à Caracas, le 7 août 2018. 
Le président vénézuélien Nicolas Maduro s'exprime lors d'une allocutation télévisée à Caracas, le 7 août 2018.  (HO / VENEZUELAN PRESIDENCY / AFP)

Le pouvoir vénézuélien a lancé, mardi 7 août, une offensive contre l'opposition en annonçant la prochaine traduction en justice de députés accusés d'implication dans l'"attentat" dont le président Nicolas Maduro dit avoir été la cible samedi à Caracas pendant une cérémonie militaire, et qui a blessé sept militaires.

Au cours d'une longue allocution radio-télévisée, Nicolas Maduro a présenté ce qu'il considère comme des "preuves" de la réalité d'une tentative d'assassinat contre lui, et a accusé l'ancien président du Parlement, l'opposant Julio Borges, actuellement en exil, d'être lié à l'attaque aux drones, ainsi qu'un député de l'opposition vénézuélienne, Juan Requesens. "Ni le pays ni le monde ne croient à ta farce de l'attentat, lui a répondu Julio Borges sur Twitter. Nous savons tous que c'est un montage pour nous poursuivre et pour nous condamner, nous qui nous opposons à ta dictature."

Suppression de l'immunité parlementaire 

Le président de l'Assemblée constituante, Diosdado Cabello, numéro deux du régime chaviste, a annoncé que cette assemblée discuterait dès mercredi de "la suppression de l'immunité parlementaire de ceux qui sont impliqués" dans l'"attentat" contre Nicolas Maduro. Ce serait le premier pas vers la traduction en justice de députés. Ceux-ci ont dénoncé de leur côté l'intention du gouvernement d'utiliser l'incident pour "renforcer la persécution politique" de l'opposition.

Peu après l'incident de samedi, le président vénézuélien avait déjà mis en cause "l'ultradroite", se référant ainsi à l'opposition vénézuélienne, mais aussi le président sortant colombien Juan Manuel Santos, et des "financiers" non identifiés qui résideraient aux Etats-Unis.