Election au Venezuela : les chiffres de la participation ont été "manipulés", selon l'entreprise informatique en charge du vote

Selon les autorités vénézuéliennes, plus de huit millions d'électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé au scrutin pour l'élection de l'Assemblée constituante. Ce chiffre serait en fait "gonflé" d'un million de votes, ce qui signifie que le pouvoir aurait truqué le résultat.

Une manifestation contre le président Nicolas Maduro à Caracas (Venezuela), le 27 juillet 2017.
Une manifestation contre le président Nicolas Maduro à Caracas (Venezuela), le 27 juillet 2017. (MARCO BELLO / REUTERS)

Une ombre de plus sur les résultats de l'élection dans le chaos de l'Assemblée constituante eu Venezuela dimanche 30 juillet. Les chiffres de la participation à cette élection ont été "manipulés", affirme l'entreprise SmartMatic, en charge des opérations de vote, lors d'une conférence de presse tenue à Londres (Royaume-Uni). 

Selon les autorités vénézuéliennes, plus de huit millions d'électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé au scrutin. Il avait été boycotté par l'opposition, qui estimait qu'il ne visait qu'à prolonger le pouvoir du président socialiste Nicolas Maduro, très contesté, dont le mandat s'achève en 2019.

"Une différence d'au moins un million de votes"

"En se basant sur la robustesse de notre méthode, nous savons, sans le moindre doute, que [les chiffre de] la participation à l'élection d'une Assemblée Constituante Nationale ont été manipulés", a affirmé SmartMatic. L'entreprise a estimé que "la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est d'au moins un million de votes".

Soulignant que SmartMatic participait à l'organisation des élections au Venezuela "depuis 2004", le dirigeant a expliqué que le "système électoral automatisé" développé par la compagnie était conçu pour "rendre manifeste toute manipulation des résultats".

Les chiffres "peuvent être ignorés par les autorités"

Néanmoins, les chiffres produits par ce système "peuvent être ignorés par les autorités, qui peuvent annoncer des résultats erronés à la place". C'est pourquoi SmartMatic souligne la nécessité d'avoir des auditeurs des partis d'opposition, à l'énoncé des résultats, pour valider les chiffres proclamés.

Lors de l'élection de l'Assemblée Constituante, "l'opposition n'a pas participé" au contrôle des chiffres, a souligné Antonio Mugicala, le PDG de l'entreprise britannique.