Quand le patron de la DGSE admet que la France a été espionnée par les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont bien piraté l'Elysée en 2012. L'ex-directeur technique de la DGSE l'a confirmé et raconté à l'occasion d'une conférence devant les élèves de l'école d'ingénieurs Centrale-Supélec.

Le bureau du président de la République à l\"Elysée, pris en photo le 17 septembre 2011.
Le bureau du président de la République à l"Elysée, pris en photo le 17 septembre 2011. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
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Oui, les Etats-Unis ont bien espionné la France. Bernard Barbier, ex-directeur technique de la DGSE, service de renseignement extérieur français, l'a confirmé, lors d'une conférence devant les élèves de l'école d'ingénieurs Centrale-Supélec à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Cette intervention, organisée mi-juin, est passée inaperçue.

Mais Le Monde a pu consulter l'enregistrement filmé et constaté les propos tenus, samedi 3 septembre. Son intervention est aussi diffusée sur YouTube.

"Cela ne pouvait être que les Etats-Unis"

Selon des documents publiés le 24 juin 2015 par Libération et Mediapart en collaboration avec WikiLeaks (en anglais), la NSA a espionné trois présidents français entre 2006 et 2012. "Le responsable de la sécurité informatique de l'Elysée nous a demandés de l'aide. On a vu qu'il y avait un malware [logiciel malveillant]", relate Bernard Barbier. Après analyse, continue Bernard Barbier, "j'en suis venu à la conclusion que cela ne pouvait être que les Etats-Unis".

"J'ai reçu l'ordre du successeur de M. Sarkozy d'aller aux Etats-Unis les engueuler. On était sûrs que c'était eux. A la fin de la réunion, Keith Alexander [directeur de la NSA], n'était pas content. Alors que nous étions dans le bus, il me dit qu'il était déçu car il pensait que jamais on ne les détecterait et il ajoute : 'Vous êtes quand même bons'", poursuit-il. Il confirme ainsi le rôle des Américains dans l'espionnage.

Mais il révèle aussi que les Français ne sont pas en reste : Bernard Barbier déclare, selon Le Monde, que les services secrets français sont derrière une vaste opération d'espionnage informatique débuté en 2009 et qu'ils ont espionné leurs homologues canadiens.