Etats-Unis : Nancy Pelosi accuse pour la première fois Donald Trump de "corruption"

La présidente de la Chambre des représentants a utilisé jeudi le terme de "corruption" pour désigner les soupçons pesant sur Donald Trump, visé par une enquête en destitution dans l'affaire ukrainienne.

La speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, lors d\'une conférence de presse au Capitole (Washington, Etats-Unis), le 12 novembre 2019. 
La speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, lors d'une conférence de presse au Capitole (Washington, Etats-Unis), le 12 novembre 2019.  (STEFANI REYNOLDS / CNP / AFP)

La cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a pour la première fois utilisé, jeudi 14 novembre, le terme de "corruption" pour désigner les soupçons pesant sur Donald Trump, visé par une enquête en destitution dans l'affaire ukrainienne. S'exprimant au lendemain des premières auditions publiques, Nancy Pelosi n'a pas choisi ses mots au hasard : la "corruption" est l'un des chefs d'accusation cités par la Constitution américaine pour justifier une destitution. 

"Les témoignages accablants ont corroboré les preuves de corruption mises au jour par l'enquête", a déclaré la speaker démocrate, lors d'une conférence de presse. Elle a ajouté que les faits exposés la veille faisaient apparaître comme "presque petits" ceux reprochés au président républicain Richard Nixon, lui aussi visé par une enquête en destitution en 1974. 

"Se donner l'avantage pour l'élection 2020"

Pour Nancy Pelosi, la corruption consiste à "accorder ou suspendre une aide militaire en échange d'une déclaration publique concernant une fausse enquête sur les élections", ce qui représentait "une tentative évidente de la part du président de se donner l'avantage pour l'élection de 2020". Donald Trump a affirmé que sa conversation avec son homologue ukrainien était parfaite. Un argument repris par une grande majorité de parlementaires républicains, qui font bloc derrière lui.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels en demandant au président ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle américaine 2020. Ils tentent de démontrer qu'il a en plus, pour l'obtenir, fait pression sur Kiev en gelant une importante aide militaire destinée à l'Ukraine.