Etats-Unis : cinq moments-clés du premier débat de la primaire démocrate

Dans la nuit de mardi à mercredi, les cinq prétendants à l'investiture démocrate se sont affrontés pour la première fois et Hillary Clinton s'est imposée sans contestation.

De gauche à droite, Jim Webb, Bernie Sanders, Hillary Clinton, Martin O\'Malley et Lincoln Chafee, les cinq candidats à l\'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2016, le 14 octobre 2015 à Las Vegas (Etats-Unis).
De gauche à droite, Jim Webb, Bernie Sanders, Hillary Clinton, Martin O'Malley et Lincoln Chafee, les cinq candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2016, le 14 octobre 2015 à Las Vegas (Etats-Unis). (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les cinq candidats à la primaire démocrate pour désigner celui qui représentera leur camp à l'élection présidentielle de 2016 ont débattu pour la première fois pendant deux heures, à Las Vegas (Etats-Unis), dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre. C'est l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton, rompue à ce type d'exercice, qui a dominé les échanges.

L'ex-First Lady était opposée, sur scène, à Martin O'Malley, ancien gouverneur du Maryland, à l'ex-gouverneur et sénateur du Rhode Island Lincoln Chafee, à l'ancien sénateur de Virginie Jim Webb, et au sénateur du Vermont Bernie Sanders. Elle a su parfois faire rire et s'est présentée comme la meilleure chance de son camp face aux républicains lors de la prochaine course à la Maison Blanche.

Francetv info revient sur cinq échanges révélateurs d'un débat qui n'a pas donné lieu aux attaques personnelles qui avaient émaillé ceux du camp républicain.

Hillary Clinton en mode déminage

Tôt dans le débat, le modérateur Anderson Cooper appuie sur le point faible d'Hillary Clinton, sa réputation à changer de position en fonction de l'opinion publique : "Etes-vous prête à dire n'importe quoi pour être élue ?" Habituée à cette critique, la démocrate répond qu'elle a toujours défendu les mêmes valeurs. Mais, dit-elle, "comme la plupart des êtres humains, y compris les candidats aux élections, c'est vrai que j'absorbe de nouvelles informations, j'observe ce qui se passe dans le monde".

Puis l'ex-secrétaire d'Etat, interrogée sur la façon dont son possible mandat différerait de celui de Barack Obama, a marqué des points en déclarant qu'"être la première femme présidente serait un sacré changement".

Le capitalisme dans la ligne de mire de Sanders

Un socialiste se trouvait sur la scène du débat, le sénateur Bernie Sanders, un fait suffisamment inhabituel au pays du capitalisme pour être relevé pendant le débat. "Est-ce que je me considère comme membre du processus capitaliste de casino ? Non", a-t-il évacué. Hillary Clinton, elle, s'est donné comme mission de "sauver le capitalisme de lui-même".

Pas de polémique sur les e-mails d'Hillary Clinton 

La saga de la messagerie privée d'Hillary Clinton, préférée à un compte officiel lorsqu'elle était secrétaire d'Etat, a également fait une apparition dans le débat, mais pour être immédiatement rejetée comme une polémique artificielle par la plupart de ses rivaux.

"Ça suffit les emails !" a répondu Bernie Sanders au journaliste qui l'interrogeait à ce sujet. "Les Américains en ont ras le bol d'entendre parler de vos fichus emails", a-t-il dit en se tournant vers une Hillary Clinton ravie de recevoir le soutien de son plus dangereux adversaire. "Merci. Moi aussi. Moi aussi", a souri la candidate. Selon Facebook, ce fut le moment du débat le plus discuté sur le réseau social.

"Nous ne sommes pas le Danemark"

Les candidats ont évoqué le Moyen-Orient, l'Iran, la Russie... et la Scandinavie, citée en exemple par Bernie Sanders pour sa politique de congé maternité et d'assurance-maladie. "Nous ne sommes pas le Danemark", a répondu l'ex-secrétaire d'Etat. "J'adore le Danemark. Nous sommes les Etats-Unis d'Amérique et notre travail est de limiter les excès du capitalisme."

La liste des ennemis

Fidèle au format parfois simpliste des débats télévisés, CNN a demandé aux cinq candidats de citer les ennemis qu'ils se sont fait au cours de leur carrière et dont ils sont le plus fiers. "L'industrie du charbon", pour Lincoln Chafee. Le lobby des armes, la National Rifle Association (NRA), pour Martin O'Malley. Pour Jim Webb, ancien soldat américain, ce fut le soldat vietnamien qui lui lança une grenade. Bernie Sanders a répondu Wall Street et l'industrie pharmaceutique.

Mais Hillary Clinton s'est fait applaudir en énumérant une liste d'ennemis proportionnelle à sa longue carrière politique : "Outre la NRA, les assureurs santé, les compagnies pharmaceutiques, les Iraniens... probablement les républicains."

A noter qu'un de ces adversaires, Donald Trump, l'homme d'affaires favori des sondages pour l'investiture républicaine, a multiplié les tweets moqueurs durant le débat, estimant notamment qu'il n'y avait "pas de star sur scène ce soir".