Une conseillère de Donald Trump invente un attentat pour justifier le décret anti-immigration

Dans une interview télévisée, Kellyanne Conway a assuré que deux réfugiés irakiens avaient commis un "massacre" ... qui n'a jamais eu lieu.

La conseillère Kellyanne Conway, le 24 janvier 2017, à Washington. 
La conseillère Kellyanne Conway, le 24 janvier 2017, à Washington.  (CHERISS MAY / AFP)

L'administration de Donald Trump ne recule devant rien pour défendre son décret très critiqué qui a, le vendredi 27 janvier, interdit aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane d'entrer aux Etats-Unis. Dans une interview sur la chaîne MSNBC, jeudi 2 février, Kellyanne Conway, une très proche conseillère du nouveau président américain, a tout simplement inventé un attentat terroriste, prétendument commis par des réfugiés, pour justifier la mesure. Un attentat qui n'a jamais eu lieu.

"Le massacre de Bowling Green"

"Je suis sûre que les gens ne savent pas que le président Obama a gelé pendant six mois l'entrée de réfugiés irakiens, après que deux Irakiens sont venus dans notre pays, se sont radicalisés, et ont été les cerveaux derrière le massacre de Bowling Green", explique la conseillère, sans être reprise par le journaliste.

Pourtant, tout ce qu'elle dit est faux. Le site Vox (en anglais) rappelle une affaire qui est sans doute à l'origine de cette intox. En 2011, deux réfugiés irakiens ont été arrêtés dans la ville de Bowling Green dans le Kentucky, dans une affaire liée au terrorisme. Mais ce n'était pas les Etats-Unis qui étaient visés : les deux hommes étaient accusés d'avoir tenté d'envoyer de l'argent et des armes en Irak.

"Faits alternatifs"

Autre hypothèse avancée (avec humour) par Vox : Kellyanne Conway a peut-être confondu cette fausse attaque avec le "Massacre de Bowling Green", qui n'est rien d'autre que le nom d'une prétendue maison hantée locale. 

La conseillère de Donald Trump avait déjà suscité une vague de critiques et de moquerie quelques jours après l'investiture du président. Interrogée sur un mensonge du porte-parole de la Maison-Blanche sur le nombre de personnes ayant assisté à la cérémonie, elle avait évoqué des "faits alternatifs" pour justifier son erreur.