Présidentielle américaine : les soutiens de Joe Biden restent prudents, "traumatisés par ce qu’il s’est passé en 2016”, explique l'ex-conseillère de Bill Clinton

Leah Pisar, ancienne conseillère de Bill Clinton en charge des affaires étrangères de 1999 à 2001, a réagi sur franceinfo à moins d'une semaine de la présidentielle américaine. 

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Radio France
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Joe Biden le 27 octobre à Atlanta en Géorgie.  (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

A six jours de l’élection présidentielle américaine, Joe Biden reste largement favori dans les sondages, face au président sortant Donald Trump. Pourtant, les soutiens du candidat démocrate restent pour le moment prudents : "On a tous été profondément traumatisés par ce qu’il s’est passé en 2016", estime mercredi 28 octobre sur franceinfo Leah Pisar, pro-Biden et ancienne conseillère de Bill Clinton à la Maison Blanche, en charge des Affaires étrangères de 1999 à 2001.

franceinfo : Vous avez déjà mis le champagne au frais, ou vous gardez en tête la désillusion d’il y a quatre ans ?

Leah Pisar : On n’a absolument pas mis le champagne au frais, il reste six jours. J’aimerais être optimiste, mais on a tous été profondément traumatisés par ce qui s'est passé en 2016 et on a appris à ne pas sous-estimer la capacité du président actuel à faire toute sorte de surprises, voire de magouilles. Il y a des indicateurs positifs, notamment le vote anticipé qui bat toutes sortes de records, mais on n’y est pas encore.

Qu’est-ce qui peut encore faire chuter votre candidat Joe Biden ?

On a l’impression qu’il fait une campagne presque “pépère”. Sa campagne n’est pas pépère. Elle est responsable. Nous sommes en pleine crise sanitaire, c'est grave, c'est sérieux, il y a beaucoup de morts, on a plus de 70 000 nouveaux cas par jour aux Etats-Unis. Donald Trump n'a quasiment rien fait pour freiner la pandémie, alors Joe Biden a décidé de mener une campagne responsable, de ne pas faire des meetings sans masque par exemple. Je pense que Biden prend ses précautions et on ne peut rien prendre pour acquis dans cet environnement politique.

70 millions d'électeurs ont déjà voté. Ces bulletins, qui pourront être comptabilisés jusqu'à dix jours après le vote, pourraient retarder l’annonce du prochain président ?

Ils retarderont certainement le résultat et encore plus, ils risquent de changer le résultat puisqu'on anticipe que la plupart des votes en personne favoriseront Donald Trump et que ce sont plutôt les électeurs démocrates qui ont tendance à voter, soit de manière anticipée, soit par la Poste à distance. Il y a tout un débat et toute une controverse qui est montée jusqu'à la Cour suprême dans un État, ce qui pourrait entraîner une bataille autour du moment jusqu'auquel on pourra comptabiliser les votes.

Si votre candidat Joe Biden l’emporte, pensez-vous que Donald acceptera facilement la défaite ?

Il n'acceptera absolument pas de manière facile ou simple la défaite. D'abord, cela risque de prendre beaucoup de temps. Ils feront tous les procès, tout ce qu'ils pourront pour repousser ou essayer de changer la décision. Donald Trump fera ce qu'il pourra pour s'accrocher. C’est là que l’on doit vraiment compter sur la solidité des institutions américaines et du système pour faire en sorte que si Joe Biden est élu avec la majorité qu'il lui faut dans les États qu'il lui faut, il prendra le pouvoir à midi le 20 janvier.

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