Limogeage à la Maison Blanche : Donald Trump veut "détruire l'establishment républicain"

Le président américain a limogé lundi 31 juillet au soir Anthony Scaramucci, son directeur de la communication. Une "attaque directe" au Parti républicain selon le spécialiste des États-Unis, Jean-Éric Branaa. 

Anthony Scaramucci, ex-directeur de la communication de la Maison Blanche, limogé par Donal Trump le 31 juillet 2017
Anthony Scaramucci, ex-directeur de la communication de la Maison Blanche, limogé par Donal Trump le 31 juillet 2017 (JIM WATSON / AFP)

Après seulement dix jours comme directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci a été limogé lundi soir 31 juillet par Donald Trump. Avec ce nouveau remous dans l'organisation présidentielle, le président américain tente de "viser directement le Parti républicain qu'il n'en finit pas de faire exploser depuis le début de sa campagne" a expliqué mardi 1er août sur franceinfo Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Donald Trump essaie de "détruire l'establishment républicain" à un moment où "il est en vrai difficulté" avec lui, souligne Jean-Éric Branaa qui constate une chute brutale de la cote de popularité du Président qui "est en train de mécontenter ses troupes."

franceinfo : Tout cela ne ressemble-t-il pas à une terrible cacophonie ?

Jean-Éric Branaa En réalité, il se passe quelque chose de plus grave. Donald Trump est en train de viser directement le Parti républicain qu'il n'en finit pas de faire exploser depuis le début de sa campagne. Aujourd'hui, alors qu'il a rencontré une vraie difficulté au Congrès, et qu'il n'a pas réussi à faire passer sa loi santé, il essaie de contre-attaquer en s'en prenant à ses sénateurs. Car ses électeurs vont lui reprocher que l'agenda législatif ne se fasse pas. Et il faut bien constater qu'il ne se fait pas.

Est-ce que c'est une stratégie réfléchie pour détruire le Parti républicain ?

Il y a d'un côté, toutes ces affaires à la Maison Blanche. Il faut noter que le nouveau secrétaire général de la Maison Blanche est un militaire. Cela ne s'est pas vu depuis Nixon. Ce n'est pas anodin. On a fait sortir Reince Priebus (ancien chef de cabinet de la Maison Blanche) qui était l'establishment républicain. Le président Donald Trump est dans une politique destructive. Il essaie de détruire l'establishment depuis qu'il est arrivé. Il continue. Il fait ça au moment où il est en vrai difficulté avec le parti, au moment où l'on va rentrer dans une zone électorale. En novembre, il y a des élections et tous ces sénateurs vont devenir très vulnérables.

 Donald Trump, le 14 juillet 2017.
 Donald Trump, le 14 juillet 2017. (ALAIN JOCARD / AFP)

Quel est l'état d'esprit des collaborateurs de la Maison Blanche ?

Les affaires courantes sont gérées. Il y a des ministres très compétents. Donald Trump a eu cette intelligence, lui qui était très novice. Il s'est pris les pieds dans le tapis plusieurs fois. Mais il a été rattrapé par le fait qu'il a des gens très compétents autour de lui qui ont été capables de tenir l'administration américaine. Même si on parle de renvois en cascade, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de conséquence directe sur la politique américaine, ni intérieure, ni extérieure pour le moment.

Y-a-t-il des conséquences sur sa cote de popularité ?

Absolument. Pas avec cette affaire. Mais le fait que la réforme de l'Obamacare n'ait pas été votée par le Congrès a eu des conséquences immédiates. Il y a eu une chute brutale de la cote de Donald Trump parmi ses propres troupes, car les Républicains se demandent quel jeu il est en train de jouer. En voulant se mettre en dehors du Parti républicain et en le détruisant, il est en train de mécontenter ses troupes.