La Deutsche Bank a passé sous silence des transactions suspectes impliquant des sociétés de Donald Trump, selon le "New York Times"

La direction de la banque allemande aurait rejeté les mises en garde de plusieurs employés et n'aurait pas informé les autorités américaines de la situation.

Le fronton de la Trump Tower, à New York, le 24 août 2018.
Le fronton de la Trump Tower, à New York, le 24 août 2018. (SPENCER PLATT / AFP)

En 2016 et 2017, des employés de la Deutsche Bank ont repéré des transactions suspectes impliquant des sociétés contrôlées par Donald Trump, et son gendre Jared Kushner, et ont prévenu leur direction, qui n'a pas informé les autorités américaines, affirme le New York Times (en anglais) dimanche 19 mai.

Le quotidien se base sur le témoignage de cinq anciens et ex-employés de la banque. Certaines transactions, dont plusieurs impliquant la fondation Trump aujourd'hui dissoute, ont provoqué des alertes du système informatique signalant des activités bancaires potentiellement illicites, explique le journal américain.

Des employés ont alors examiné ces transactions et rédigé des rapports d'activités suspectes, pensant que ces signalements seraient adressés à une unité du département du Trésor. Ce n'a pas été le cas, ce que ces employés ont interprété comme une approche laxiste du droit anti-corruption de la part de la direction.

Les entreprises démentent

Une employée explique même avoir été licenciée l'an passé, après avoir fait part de ses inquiétudes sur ces pratiques bancaires, qui étaient réccurentes concernant les clients influents de la Deutsche Bank. Une porte-parole de la banque a qualifié ces informations selon lesquelles des employés ont été muté ou licenciées de "catégoriquement fausses".

Une porte-parole de la Trump Organization a déclaré à Reuters que cette "histoire était un non-sens absolu", et que l'entreprise (à ne pas confondre avec la fondation Trump) n'avait "aucun compte opérationnel avec Deutsche Bank". Une porte-parole de Kushner Companies a estimé que les informations du New York Times étaient "inventées et totalement fausses".