États-Unis : une frontière sous tension

Près de 7 000 migrants vont se retrouver à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. À quoi doivent s'attendre les migrants de la caravane partie d'Amérique centrale face à ce rêve américain ?

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Après des semaines de voyage à travers l'Amérique latine, des milliers de migrants de la caravane sont arrivés à Tijuana, au Mexique, près de la frontière avec les États-Unis. Leur rêve est "d'atteindre la plage de San Diego, en Californie, c'est une des raisons pour lesquelles ces migrants ont voyagé durant des semaines jusqu'aux États-Unis", explique le journaliste de France 2 Loïc de La Mornais. La frontière a été renforcée selon les ordres de Donald Trump, avec le soutien de l'armée américaine. Épuisés, parfois blessés, ces migrants sont enfin arrivés au nord du Mexique, mais le plus dur se dresse devant eux, le mur qui les sépare des États-Unis. "J'ai entendu dire que de l'autre côté il y a toute une armée qui nous attend, mais peu importe, là-bas c'est la grande nation. De l'autre côté de ce mur, il y a tous mes rêves", explique un homme parti du Honduras. Depuis quelques jours, les premiers bus sont arrivés à Tijuana avec de nombreux migrants, des hommes, des femmes et des enfants. Ils sont accueillis dans un stade municipal par des autorités et des associations mexicaines débordées. Ils ont d'abord fui le chômage et cette caravane qui assurait un peu de sécurité comptait beaucoup de femmes avec enfants. Certaines veulent rejoindre un mari et un père qui a déjà réussi à rentrer aux États-Unis.

20% des demandes d'asile acceptées

Les migrants ont surtout fui la violence, comme une jeune maman de 20 ans qui a affronté le voyage avec un nourrisson, car c'était une question de survie. C'est au nom de cette violence qu'ils tenteront tous de déposer une demande d'asile pour pouvoir entrer aux États-Unis. Jusqu'ici, seuls 20% des demandes sont acceptées par les autorités américaines et pour tous les recalés, il faudra tenter de passer le mur illégalement. Ce dernier va jusqu'à la mer, avec des caméras thermiques pour détecter les nageurs dans l'eau. La police américaine aux frontières, elle, patrouille sans interruption. Pour tous ceux qui échoueront, le séjour s'éternisera à Tijuana, où certains habitants ne sont pas forcément accueillants : "Trump protège sa frontière et son peuple, ce qui est la première obligation d'un dirigeant", expliquent des Mexicains membres d'une association anti-migrants. Quelques kilomètres plus loin, la fermeté de Donald Trump prend forme avec les prototypes de son nouveau mur, plus haut et censé être encore plus infranchissable. Une promesse qui devra être financée par la chambre des représentants, désormais aux mains de ses adversaires démocrates.

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Le président américain, Donald Trump, le 16 novembre 2018 à la Maison Blanche, à Washington (Ettas-Unis). 
Le président américain, Donald Trump, le 16 novembre 2018 à la Maison Blanche, à Washington (Ettas-Unis).  (CHERISS MAY / NURPHOTO / AFP)