Incendies en Californie : "Donald Trump pense comme un enfant de 8 ans !"

Le président américain s'est rendu dans l'État ravagé par les feux. Certains sinistrés n'apprécient pas beaucoup ses critiques sur la gestion de la catastrophe par les autorités locales.

Le président américain Donald Trump, à Paradise, en Californie, le 17 novembre 2018.
Le président américain Donald Trump, à Paradise, en Californie, le 17 novembre 2018. (SAUL LOEB / AFP)

Donald Trump s’est rendu samedi 17 novembre en Californie pour constater les dégâts du feu "Camp Fire" et soutenir les victimes de ce gigantesque incendie, qui a déjà fait 71 morts et plus d'un millier de disparus, selon un dernier bilan. Le président américain a notamment visité la ville de Paradise, totalement détruite par les flammes, mais il a également critiqué une nouvelle fois la façon dont la Californie gère ses forêts.

Donald Trump s’est rendu samedi 17 novembre en Californie pour constater les dégâts du feu \"Camp Fire\".
Donald Trump s’est rendu samedi 17 novembre en Californie pour constater les dégâts du feu "Camp Fire". (ERIC DE SALVE / RADIO FRANCE)

"Écoutez-le !", fulmine Glay, un retraité sinistré, qui regarde le président américain depuis un abri à Chico, près de Paradise. Donald Trump apparaît en direct, au milieu des cendres, casquette USA sur la tête. Le président américain conseille aux Californiens de prendre exemple sur la Finlande, un pays qui, selon lui, n’a aucun problème d'incendie, parce qu’il ratisse ses forêts. "Ici on est aux États-Unis, à Paradise, pas en Finlande ! Il ne comprend rien à l’écologie. Il croit encore que le réchauffement climatique n’existe pas et il dit que tout ça c’est de notre faute parce que nous ne nous occupons pas bien de nos forêts. Il pense comme un enfant de 8 ans !"

Entre colère et résignation

La Californie est l'État le plus anti-Trump des États-Unis, pourtant, ce nord californien, pauvre et rural, dévasté par les feux, a largement voté pour lui en 2016. Cricket, institutrice, vit dans sa voiture depuis que sa maison de Paradise a brûlé, cette visite de Donald Trump la réconforte : "Je suis contente qu’il soit ici. J’espère qu’il va comprendre les besoins des habitants de Paradise. Nous essayons de ne pas nous effondrer, mais nous n’avons même plus d’endroit où dormir." Derrière elle, les noms et photos de centaines de disparus s’affichent sur un tableau installé à l’extérieur d’une église bondée de Chico transformée en refuge. 

Les noms et photos de centaines de disparus s’affichent sur un tableau installé à l’extérieur d’une église de Chico.
Les noms et photos de centaines de disparus s’affichent sur un tableau installé à l’extérieur d’une église de Chico. (ERIC DE SALVE / RADIO FRANCE)

C’était pire que tout ce que j’ai vécu pendant la guerre du Vietnam.Ronà franceinfo

La plupart des victimes sont des personnes âgées, souvent pauvres. C’est le cas de Ron, vétéran de l’armée. Ce retraité vivait dans un parc à mobile home de Paradise, l’un des premiers quartiers dévoré par les flammes. "On a trois voisins qui sont morts brûlés. Ils étaient trop lents. Ils n’ont pas eu le temps d’évacuer. D’habitude, tu as 15 minutes après l’alerte. Là, ils ont annoncé trois minutes et on n’a même pas eu ce temps. On a eu beaucoup de chance de réussir à nous échapper. On pouvait entendre le feu, on voyait un halo orange à travers la fumée et ce bruit, comme un rugissement… On aurait dit quatre trains de marchandises. J’étais terrifié." Ce mur de feu continue de dévaster le nord de la Californie, qui compte ses morts.

Le reportage d'Éric de Salve
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