Etats-Unis : richesse, parité, sexisme... Six informations surprenantes sur la future administration de Donald Trump

L'homme d'affaires deviendra officiellement, le 20 janvier 2017, le 45e président des Etats-Unis. D'ici là, il compose son futur cabinet, soulevant au passage inquiétudes et questions.

Le président élu Donald Trump lors d\'un meeting à Hershey en Pennsylvanie (Etats-Unis), le 15 décembre 2016.
Le président élu Donald Trump lors d'un meeting à Hershey en Pennsylvanie (Etats-Unis), le 15 décembre 2016. (DON EMMERT / AFP)

Le ballet des prétendants se poursuit à la Trump Tower, à New York (Etats-Unis).  A un mois de son investiture, Donald Trump compose sa future administration. Les choix du président américain élu n'emportent, d'ailleurs, pas une large adhésion. Loin de là.

Seulement 48% des Américains approuvent la transition présidentielle menée par Donald Trump, selon un sondage CBS, paru jeudi 15 décembre. Les trois-quarts des Américains approuvaient la transition menée par Barack Obama huit ans plus tôt. Pour y voir plus clair dans ces choix très commentés, franceinfo liste six éléments parfois étonnants sur la future administration de Donald Trump.

1Une équipe richissime...

Les 17 membres déjà désignés qui feront partie de la future équipe de Donald Trump ont déjà une chose en commun. La plupart sont riches. Très riches même. A tel point que les médias américains se sont livrés à quelques comparaisons assez parlantes. Ainsi, ces 17 personnes sont plus riches que le tiers des ménages américains les moins aisés, rapporte Quartz (en anglais). Ils cumulent 9,5 milliards de dollars. Les quatre membres les plus riches sont les futurs secrétaires d'Etat, Rex Tillerson, à l'Education, Betsy DeVos, au Commerce, Wilbur Ross Jr., et Linda McMahon, qui sera en charge des PME. 

Cette concentration de richesses au sein d'une administration américaine est sans précédent. Time (en anglais) s'est amusé à comparer les richesses des administrations successives à celle de Taylor Swift, la chanteuse américaine la mieux payée en 2016, selon Forbes, avec une fortune estimée à 250 millions de dollars. Le cabinet de l'administration Obama était donc 11 fois plus riche que la chanteuse américaine. Le futur cabinet de Donald Trump est environ 58 fois plus riche. Et encore, l'équipe n'est pas au complet. Six postes restent à pourvoir.

2... composée majoritairement d'hommes blancs

La future administration Trump pourrait également bien se démarquer en étant la moins mixte et la moins paritaire des trois dernières présidences. Les femmes et les personnes issues des minorités sont clairement sous-représentées, relève The Huffington Post (en anglais).

Par ailleurs, ce serait la première fois en vingt-quatre ans qu'aucune personne issue d'une de ces deux catégories ne se trouve parmi les quatre postes clés de l'administration, à savoir le secrétariat d'Etat, à la Justice, à la Défense et au Trésor, note sur Twitter ce journaliste d'ABC News.

3Deux membres accusés de violences conjugales

La campagne américaine avait déjà été marquée par les accusations d'agressions sexuelles visant Donald Trump. Ces accusations, toujours démenties par le principal intéressé, n'ont d'ailleurs pas empêché son élection. Le président élu n'a pas eu de réticences à nommer dans sa future administration deux hommes soupçonnés de violences conjugales, rapporte Time (en anglais). "Dans les précédentes administrations, les violences conjugales étaient considérées comme une ligne rouge", précise le média américain.

Andrew Puzder, le secrétaire au Travail, est accusé d'avoir battu son ex-femme dans les années 1980. Stephen Bannon, le conseiller stratégique de Donald Trump, a été poursuivi pour des violences contre son ancienne épouse dans les années 1990. Les charges ont finalement été abandonnées, faute de témoins, rappelle Politico (en anglais).

4Les climato-sceptiques vont faire la pluie et le beau temps

Donald Trump s'est illustré pendant la campagne américaine avec ses propos sur l'environnement. "Le concept du réchauffement climatique a été créé par les Chinois pour rendre l'industrie américaine moins compétitive", avait-il lancé. Farouchement hostile à l'accord de Paris sur le climat, le président élu semble, finalement, faire machine arrière en se déclarant "ouvert" à l'accord. Néanmoins, les dernières nominations inquiètent les défenseurs de l'environnement. 

"Il y a, en fait, quelque chose de 'préhistorique' avec le cabinet que Trump met en place. Il est totalement dominé par des personnes qui ont passé leur vie à forer ou à défendre des carburants fossiles - pétrole, gaz et charbon", assure l'éditorialiste du New York Times (en anglais) Thomas Friedman. Donald Trump a ainsi placé à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), un climato-sceptique confirmé. Scott Pruitt s'est toujours battu contre le plan de Barack Obama pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques au charbon. Un plan mis en œuvre par l'agence dont il sera bientôt aux commandes.

Donald Trump a également nommé comme secrétaire d'Etat le PDG de la compagnie pétrolière ExxonMobil, Rex Tillerson. En tant que patron de ce géant pétrolier, il a refusé de réduire les investissements dans l'exploration de nouveaux puits pétroliers même si cela contribue au réchauffement climatique.

5Un membre de son administration nommé à un poste... qu'il voulait supprimer en 2012

Sa nomination a provoqué "un gloussement", explique Politico (en anglais). Rick Perry a été choisi par Donald Trump pour devenir secrétaire à l'Energie. Or, personne n'a oublié aux Etats-Unis, la campagne présidentielle de 2012, à laquelle l'ancien gouverneur du Texas a participé. Rick Perry avait alors suggéré de supprimer trois secrétariats, dont celui de l'Energie. Puis, lors d'un débat, il a été incapable de se souvenir des trois postes visés. 

Voilà pour l'anecdote. "Mais il y a un second signal d'alarme, prévient Politico. La première responsabilité de l'agence est de surveiller et de maintenir le stock d'armes nucléaires." Rick Perry, également ancien pilote dans l'armée de l'air, s'est davantage illustré ces dernières années pour sa prestation dans la version américaine de "Danse avec les stars"Or, sous l'administration Obama, les deux derniers secrétaires à l'Energie étaient des physiciens. L'un était même prix Nobel de physique et l'autre professeur à la prestigieuse université Massachusetts Institute of Technology (MIT). 

6Un secrétaire au Travail sexiste et adepte des bas salaires

Andrew Puzder a été choisi pour être le futur secrétaire au Travail. Aux Etats-Unis, il est connu pour être le roi des fast-foods, mais aussi la bête noire des syndicats. Il est à la tête du groupe CKE Inc depuis quinze ans, qui emploie 75 000 personnes aux Etats-Unis et possède plus de 3 600 restaurants et franchises dans 38 pays. Il est aussi souvent pointé du doigt pour ses publicités sexistes, ses positions anti-avortement et ses propos homophobes, relaie Libération.

Mais ce sont ses pratiques salariales qui inquiètent. Il a ainsi récemment montré sont intérêt pour davantage d'automatisation dans l'industrie, car "les machines sont toujours polies, elles ne prennent pas de vacances, n'arrivent pas en retard et il n'y a pas de discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'âge", rapporte The New York Times (en anglais). Par ailleurs, il s'est farouchement opposé à la volonté de Barack Obama de faire passer le salaire minimum de 7,25 dollars de l'heure à 10,10 dollars.