États-Unis : le "pussy hat", l'accessoire anti-Trump qui fait fureur

Bonnet rose sur la tête, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Washington dans une grande "Marche des femmes"... qui s'est transformée en manifestation anti-Donald Trump.

Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis)
Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis) (ZACH GIBSON / AFP)
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Grégoire LecalotRadio France

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"Equal rights !", "les mêmes droits pour tous !" en français. Sarah et ses filles, Violet et Bria, sont venues de San Diego, en Californie, pour crier ce slogan dans les rues de Washington, à l'autre bout des États-Unis. C'est une marée rose qui a déferlé sur la capitale américaine samedi 21 janvier. Au lendemain de l'investiture de Donald Trump à la présidence, des centaines de milliers de personnes, hommes et femmes, s'y sont rassemblées au couleur des "pussy hats", ces bonnets roses aux oreilles de chat devenus le symbole de la lutte pour les droits des femmes.

Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis)
Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis) (RADIO FRANCE / GRÉGOIRE LECALOT)

Des bonnets personnalisés

Le "pussy hat" est en passe de devenir l'accessoire de mode que l'on s'arrache. Le symbole de la protestation contre les dérapages sexistes de Donald Trump. Le symbole de la défense des droits civiques. Le collectif féministe Pussyhat Project en a distribués des centaines à Washington. Mais la plupart des manifestants viennent avec le leur, personnalisé de préférence, grâce au patron mis à disposition sur le site internet du collectif. "Mon amie a fait 35 bonnets et en cinq secondes, ils étaient tous partis", nous raconte Sarah.

Les gens comprennent bien la signification du 'pussy hat' et ils la revendiquent

Sarah, une manifestante anti-Trump

à franceinfo

Du rose pâle au rose foncé, avec des paillettes ou des pompons. Le tricotage est plus ou moins sophistiqué. "Ce bonnet veut vraiment dire quelque chose, explique Sherry, aux côtés de sa fille Martha. J’ai essayé d’apprendre à la petite quel futur nous allons avoir. Je lui ai expliqué ce que 'pussy' voulait dire, que Trump n’avait pas dit de bonnes choses sur les femmes. Elle a bien compris."

Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis)
Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis) (RADIO FRANCE / GRÉGOIRE LECALOT)

La foule occupe toute la place du Congrès jusqu’à l’obélisque de Washington, une immense esplanade d’un kilomètre et demi, et déborde largement sur Pennsylvania Avenue, où Donald Trump faisait sa parade la veille. Dans le cortège, il n’y a pas que des femmes, loin de là. Bob se fait remarquer avec un bonnet... bleu ! "Je n’ai pas pu trouver la bonne couleur", raconte-t-il en rigolant.

Plus sérieusement, Bob explique vouloir "s'engager aux côtés de tous ces gens". Tout comme Vanessa, une New-Yorkaise : "Si nous mettons la pression sur Donald Trump et que nous mettons la pression sur nos représentants, ils n’auront pas d’autre choix que de nous écouter et d'agir. Parce que nous sommes ceux qui les élisent."

Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis)
Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis) (RADIO FRANCE / GRÉGOIRE LECALOT)

Deux millions de manifestants dans le monde

Le long de la manifestation, des t-shirts souvenirs de la marche sont déjà en vente à côté de bonnets Obama... exactement aux mêmes endroits où les bonnets Trump se vendaient la veille. "C'est du business, ce n'est pas personnel", commente un commerçant, qui nous confie toutefois préférer sa marchandise du jour.

Comme à Washington, des milliers de personnes se sont rassemblées à New York, Boston, Los Angeles, Seattle, etc... ainsi qu'à Londres et à Paris. Jusqu'à deux millions de personnes ont manifesté samedi à travers le monde contre Donald Trump. Le "pussy hat" a de beaux jours devant lui.

Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis)
Manifestation anti-Trump le 21 janvier 2017 à Washington (États-Unis) (RADIO FRANCE / GRÉGOIRE LECALOT)