Etats-Unis : le gouvernement Trump s'est procuré les relevés téléphoniques de plusieurs journalistes du "Washington Post"

D'avril à juillet 2017, le ministère de la Justice a reçu les relevés téléphoniques de journalistes de ce quotidien américain. Ils enquêtaient sur les supposées ingérences russes dans l'élection présidentielle.

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L'ancien président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche à Washington, le 11 août 2020. (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)

Nouvelle casserole pour Donald Trump ? Son gouvernement est accusé d'avoir obtenu secrètement les relevés téléphoniques de journalistes du Washington Post qui écrivaient sur les accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, a rapporté vendredi 7 mai le quotidien américain. Le ministère américain de la Justice a envoyé une lettre aux journalistes Ellen Nakashima et Greg Miller, ainsi qu'à l'ancien journaliste Adam Entous, leur disant qu'il avait reçu leurs relevés téléphoniques de lignes fixes personnelle et professionnelle, et de leur téléphone portable "pour la période de 15 avril 2017 au 31 juillet 2017", rapporte le Washington Post. Les lettres adressées aux reporters ne précisaient pas pourquoi ces relevés avaient été saisis.

Une atteinte à la liberté de la presse

Le journal a été "profondément troublé par cette utilisation du pouvoir gouvernemental dans le but d'obtenir un accès aux communications des journalistes", a déclaré le rédacteur en chef Cameron Barr. "Le ministère de la Justice doit immédiatement faire la lumière sur les raisons de son intrusion dans les activités des reporters, lesquelles sont protégées par le premier amendement" de la Constitution des Etats-Unis, a-t-il poursuivi.

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a pour sa part déclaré que le ministère de la Justice avait "espionné" ces journalistes "sur les caprices d'un gouvernement""Cela n'aurait jamais dû se produire, a tweeté l'ACLU. Lorsque le gouvernement espionne les journalistes et leurs sources, cela compromet la liberté de la presse."

Le ministère de la Justice a quant à lui affirmé avoir suivi des "procédures établies" concernant cette demande, indique le journal en citant un porte-parole du ministère.

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