Etats-Unis : la Cour suprême met fin à la discrimination positive dans les universités américaines

Joe Biden s'est dit en "fort désaccord" avec cette décision. Le président américain appelle les établissements universitaires à ne pas "abandonner" leur engagement pour la diversité.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le bâtiment de la Cour suprême des Etats-Unis, le 29 juin 2023, à Washington. (ALLISON BAILEY / NURPHOTO / AFP)

Une victoire pour la droite américaine. La très conservatrice Cour suprême des Etats-Unis a mis un terme, jeudi 29 juin, aux programmes de discrimination positive à l'université, un nouveau demi-tour historique, un an après son revirement sur l'avortement. Contre l'avis de ses trois juges progressistes, ses six magistrats conservateurs ont jugé contraires à la Constitution les procédures d'admission sur les campus prenant en compte la couleur de la peau ou l'origine ethnique des candidats.

Beaucoup d'universités "ont considéré, à tort, que le fondement de l'identité d'une personne n'était pas sa mise à l'épreuve, les compétences acquises ou les leçons apprises, mais la couleur de sa peau. Notre histoire constitutionnelle ne tolère pas ça", a écrit le magistrat John Roberts au nom de la majorité. "En d'autres mots, l'étudiant doit être traité en fonction de ses expériences individuelles, mais pas sur des critères raciaux."

"Un grand jour pour l'Amérique", selon Trump

Plusieurs universités très sélectives avaient introduit des critères raciaux et ethniques dans leur procédure d'admission à la fin des années 1960 pour corriger les inégalités issues du passé ségrégationniste des Etats-Unis et augmenter la part des étudiants noirs, hispaniques ou amérindiens dans leurs effectifs. Ces politiques, dites de "discrimination positive", ont toujours été très critiquées dans les milieux conservateurs qui les jugent opaques et y voient du "racisme inversé".

En réaction, Joe Biden s'est dit en "fort désaccord" avec cette décision. Les universités "ne devraient pas abandonner leur engagement à garantir que les étudiants aient des expériences diverses qui reflètent toute l'Amérique", a estimé le président américain. L'ex-président Donald Trump a pour sa part salué la décision de la Cour, estimant qu'elle rétablissait un système au "mérite". "C'est un grand jour pour l'Amérique", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social. "C'est la décision que tout le monde attendait et espérait et le résultat est incroyable (...). Nous revenons à [un système] entièrement basé sur le mérite et c'est comme ça que ça devrait être !", a-t-il ajouté.

"Une règle artificielle d'indifférence"

Saisie à plusieurs reprises depuis 1978, la Cour suprême avait interdit les quotas, mais avait toujours autorisé les universités à prendre en compte, parmi d'autres, les critères raciaux. Jusqu'ici, elle jugeait "légitime" la recherche d'une plus grande diversité sur les campus, quitte à faire une entorse au principe d'égalité entre tous les citoyens américains.

Jeudi, les magistrates progressistes se sont vivement émues de cette volte-face. La Cour "revient sur des décennies de jurisprudence et d'immense progrès", a écrit, en leur nom, la juge Sonia Sotomayor. Elle "cimente une règle artificielle d'indifférence à la couleur de peau comme principe constitutionnel dans une société profondément ségréguée, où la question raciale a toujours eu de l'importance et continuera d'en avoir", assène-t-elle encore.

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