Donald Trump impose des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium (et dans les quinze jours)

Le président américain a signé le texte jeudi soir. Le Canada et le Mexique sont exemptés "pour le moment." La France parle de "mauvais remède."

Le président américain, Donald Trump, lors d\'une réunion à la Maison Blanche à Washington D.C (Etats-Unis), le 1er mars 2018. 
Le président américain, Donald Trump, lors d'une réunion à la Maison Blanche à Washington D.C (Etats-Unis), le 1er mars 2018.  (MANDEL NGAN / AFP)

Cette fois, c'est fait. Après plusieurs jours de spéculations et de rumeurs, Donald Trump a bel et bien signé, jeudi 8 mars, le texte qui impose des taxes sur les importations aux Etats-Unis d’acier et d’aluminium. Ces taxes, de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium, entreront en vigueur dans quinze jours.

Le président américain a expliqué que les Etats-Unis avaient, pendant des décennies, été victimes de pratiques commerciales qu’il a assimilées à une "agression."

Je tiens une promesse que j’ai faite en campagne et que j’ai faite pendant une grande partie de ma vie.Donald Trumpà la Maison Blanche

Le Canada, premier partenaire commercial et premier fournisseur d’acier des Etats-Unis, en sera cependant exempté. En tout cas "pour le moment." Même chose pour le Mexique. Le sort qui sera réservé à ces deux pays frontaliers des Etats-Unis sur le moyen terme dépendra en particulier de l’issue des négociations en cours sur l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna). "Si nous trouvons un accord, il n’y aura pas de taxes sur le Canada et le Mexique", a martelé le président.

La Maison Blanche a précisé que tous les pays concernés pourraient entamer des discussions avec les Etats-Unis pour négocier, eux aussi, une éventuelle exemption. "Nous allons faire preuve de beaucoup de flexibilité", a assuré le Donald Trump.

"Mauvais remède"

La France a immédiatement regretté ces annonces, par la voix du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. "Une guerre commerciale ne fera que des perdants, a-t-il écrit sur Twitter. "Avec nos partenaires européens, nous allons évaluer les conséquences sur nos industries et les réponses à apporter."

Cette annonce devrait provoquer une vive réaction de l'Union européenne qui martèle depuis plusieurs jours qu'une guerre de tranchées serait nuisible à tous et a dit préparer des mesures de rétorsion. Les Européens exportent environ 5 milliards d'euros d'acier et 1 milliard d'euros d'aluminium chaque année vers les Etats-Unis.

Du côté des autres partenaires commerciaux, Pékin se dit prêt à adopter une "réponse appropriée et nécessaire" face à d'éventuelles sanctions commerciales américaines. "Dans notre époque mondialisée, ceux qui recourent à la guerre commerciale choisissent le mauvais remède, ils ne feront que pénaliser les autres tout en se pénalisant eux-mêmes", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi.