Corée du Nord : l'arrêt des essais nucléaires, un pas vers la paix ?

Pyongyang a fait savoir samedi 21 avril que le pays mettait un terme à ses essais nucléaires et ses tirs de missiles balistiques. Si la communauté internationale se réjouit, certains restent prudents, la Corée du Nord étant réputée pour revenir sur ses engagements.

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FRANCE 2

Sur l'écran géant à Pyongyang, la présentatrice phare de la télévision nord-coréenne, qui d'habitude annonce au pays chaque essai nucléaire, livre cette fois un message bien différent. "Ce 21 avril 2018, nous suspensons nos essais nucléaires et nos essais de missiles balistiques intercontinentaux", déclare-t-elle. Kim Jong-un a décidé qu'il n'y aura plus d'exercice de tirs de missiles à longue portée comme ceux qui peuvent atteindre les États-Unis. Donald Trump s'en est félicité : "C'est une très bonne nouvelle pour la Corée du Nord et pour le monde. Un grand progrès !". La Corée du Nord s'engage aussi à fermer son site d'essai nucléaire souterrain, Punggye-ri, au nord du pays.

La prudence japonaise

Mais le régime ne promet ni la destruction de son arsenal existant, ni l'arrêt des tirs à courte et moyenne portée, capables de frapper les autres pays de la région. C'est pourquoi, si la Corée du Sud salue la décision, le Japon, lui, reste prudent. "C'est une avancée. Toutefois il est crucial de savoir si cela va mener à un démantèlement complet, irréversible et vérifiable de l'arsenal nucléaire", souligne Shinzo Abe, le Premier ministre japonais. Le régime nord-coréen veut-il vraiment dénucléariser le pays ? "Non, affirme le spécialiste Dorian Malovic, car cela fait quarante ans qu'il investit toute son énergie pour avoir ce programme nucléaire pour son assurance-vie. Maintenant, il a son assurance-vie, et il peut passer à autre chose pour développer son pays économiquement". L'annonce intervient moins d'une semaine avant la rencontre prévue entre Kim Jong-un et son homologue sud-coréen, Moon Jae-in.

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Le drapeau nord-coréen à l\'ambassade de Pékin (Chine), le 9 ars 2018.
Le drapeau nord-coréen à l'ambassade de Pékin (Chine), le 9 ars 2018. (GREG BAKER / AFP)