Attaque au camion, drone, tireur isolé : les menaces qui pèsent sur l'investiture de Donald Trump

Les autorités américaines ont pris des mesures pour empêcher un attentat à Washington, où près d'un million de personnes sont attendues.

Les forces de sécurité chargées de protéger Donald Trump dans sa Trump Tower, le 7 décembre 2016. 
Les forces de sécurité chargées de protéger Donald Trump dans sa Trump Tower, le 7 décembre 2016.  (VOLKAN FURUNCU / ANADOLU AGENCY / AFP)

C'est la cérémonie de tous les dangers. Les services de sécurité américains chargés de la cérémonie d'investiture de Donald Trump, prévue vendredi 20 janvier, ont fait le point sur les menaces pesant sur cet événement, qui doit rassembler près d'un million de personnes à Washington.

"Nous n'avons pas connaissance d'une menace particulière et crédible" visant la cérémonie d'investiture, a noté Jeh Johnson, ministre de la Sécurité intérieure. "L'environnement terroriste mondial est très différent par rapport à 2013", quand Barack Obama a été investi pour un second mandat, a-t-il expliqué en conférence de presse, évoquant le risque d'attaques planifiées et menées par des individus inspirés, plutôt que dirigés, par des réseaux jihadistes. "Nous devons nous préoccuper de l'extrémisme sur notre sol, de l'extrémisme né aux Etats-Unis, et des actes de personnes autoradicalisées", a-t-il ajouté. 

Au total, quelque 28 000 agents du Secret Service (qui assure la sécurité du président et de personnalités), de la Garde nationale, du FBI et de la police locale seront déployés dans la capitale. Franceinfo fait le point sur les types de menaces anticipées par les services de sécurité.

Un camion dans la foule

Après les attaques au camion lancé dans la foule à Nice et à Berlin en 2016, c'est l'une des grandes inquiétudes des autorités. Le périmètre "sera encore plus lourdement protégé par des poids lourds, des camions-bennes et des bétonnières pour interdire l'accès à des véhicules non autorisés", a détaillé Jeh Johnson, ministre de la Sécurité intérieure, lors d'une conférence de presse dans le bâtiment ultrasécurisé où une cinquantaine d'agences américaines coordonneront la sécurité des festivités du week-end d'investiture.

Des drones

Autre menace : les drones, très répandus et bon marché. Ils pourraient s'infiltrer dans le dispositif de sécurité. Et pas question de mettre Washington sous filet. Par mesure de sécurité, ils sont déjà interdits dans le ciel de la capitale américaine, mais cette menace particulière est "une chose à laquelle nous sommes préparés, et nous disposons de la technologie nécessaire pour y faire face". Le Secret Service teste déjà autour de la Maison Blanche et depuis un an des systèmes de brouillage des signaux émis et reçus par les drones, selon Popular Science (en anglais).

Un tireur isolé

Une grande partie des cérémonies sera très exposée, en particulier la prestation de serment à laquelle participent non seulement le président sortant et le président élu, mais aussi les anciens présidents et la plupart des hauts fonctionnaires du gouvernement et des membres du Congrès, regroupés dans un petit espace sur la colline du Capitole. Pour empêcher un tireur isolé de frapper, les dignitaires seront protégés par des vitres blindées, et des tireurs d'élite du Secret Service patrouilleront sur les toits environnants.

Une attaque à la bombe 

Les services de sécurité ont encore en souvenir le 15 avril 2013, où deux frères avaient dissimulé dans des sacs à dos des cocottes-minutes bourrées d'explosifs, qui avaient fait trois morts sur la ligne d'arrivée du marathon de Boston. Le FBI va donc déployer des détecteurs de radiations et de substances chimiques, notamment aux abords de la traditionnelle parade du nouveau président sur Pennsylvania Avenue, entre le Capitole et la Maison Blanche. En 1977, Jimmy Carter avait créé la surprise en marchant sur la totalité de la distance (1,8 km). Depuis, la plupart des nouveaux présidents ont marché sur au moins une partie du parcours. Entre 700 000 et 900 000 personnes devraient assister à la prestation de serment, y compris 99 groupes de manifestants.

L'ensemble du National Mall, la grande artère qui traverse Washington, sera également fermé à la circulation et les piétons devront se soumettre à des fouilles sévères. Les spectateurs ne pourront avoir sur eux davantage que leur téléphone, leur portefeuille et un appareil photo. Les petits sacs à main seront tolérés, mais pas les sacs à dos. La longue liste des objets interdits comprend les aérosols, les ballons, les vélos, les pointeurs laser et, bien sûr, tout ce qui peut ressembler à une arme.