Affaire Khashoggi : Jean-Yves le Drian n'a "pas connaissance" des informations de la Turquie sur l'assassinat

Sur plateau des "4 Vérités" de France 2, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a assuré lundi 12 novembre qu'il n'avait "pas connaissance" d'informations fournies par la Turquie concernant l'assassinat du journaliste. Il est également revenu sur la cérémonie du 11-Novembre ainsi que sur la politique du président américain Donald Trump.

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Ce week-end, lors d'un discours devant un parterre de chefs d'État, le président Emmanuel Macron a exprimé ses craintes : celle d'un monde qui pourrait tourner le dos à la paix, comme lors de la guerre de 14-18. Aura-t-on la chance de connaître à nouveau 70 ans de paix ? "Je ne le dirais pas, mais ce qui m'a le plus frappé lors de cette cérémonie, c'est l'émotion patriotique, la mobilisation populaire, le fait que c'était un événement fort qui faisait appel aux souvenirs, car la Grande Guerre a été un événement qui a touché toutes les familles, la mienne également", indique Jean-Yves Le Drian lundi 12 novembre dans "Les 4 Vérités".

Les États-Unis sont "un allié historique"

Pour autant, malgré la symbolique pour la paix du 11-Novembre, le positionnement du président américain a été singulier. Il a en effet été absent de la première édition du Forum de Paris sur la paix, a écrit un tweet vengeur sur la défense européenne et est arrivé seul à la cérémonie à l'Arc de Triomphe. Si Jean-Yves Le Drian estime qu'il y avait "un agenda spécifique" au président américain, ainsi que des problématiques de sécurité, il concède "qu'il y a deux lignes. Il y a celle qui a été développée hier par le secrétaire général des Nations unies António Guterres qui est de dire : il faut des règles entre nous. Et il y a ceux qui sont dans le rapport de force." Pour autant, le ministre des Affaires étrangères précise que les États-Unis restent "un allié historique, qui est toujours notre allié, avec qui nous avons des analyses communes sur un certain nombre de grands problèmes du monde".

Sur la question de l'affaire Khashoggi, un journaliste saoudien tué au sein du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul (Turquie), Jean-Yves le Drian assure que "la vérité n'est pas au rendez-vous, le compte n'y est pas. Notre position c'est de connaitre la vérité, les circonstances de sa mort et l'identité des coupables. Ensuite, nous prendrons les sanctions nécessaires". Le président turc a indiqué que la Turquie avait transmis des enregistrements concernant l'assassinat du journaliste à la France. "Si le président turc a des informations à nous donner, il faut qu'il nous les donne", assure Jean-Yves le Drian, en concluant : "Pour l'instant, je n'en ai pas connaissance".

Le ministre de l\'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur les marches de l\'Élysée le 3 août 2018. 
Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur les marches de l'Élysée le 3 août 2018.  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)