"Nous sommes sous le poids de cet héritage" : aux États-Unis, ce sont parfois les collectivités qui suppriment les symboles esclavagistes

À Richmond, en Virginie, la mairie enlève des statues de personnalités impliquées dans l'époque de l'esclavage. Dans le Mississipi, le parlement local vient de renoncer à son drapeau qui évoquait la guerre de Sécession.

Des habitants observent le déboulonnage de la statue de Thomas Stonewall Jackson, l’un des principaux généraux de l’armée sudiste et confédérée, à Richmond, aux États-Unis.
Des habitants observent le déboulonnage de la statue de Thomas Stonewall Jackson, l’un des principaux généraux de l’armée sudiste et confédérée, à Richmond, aux États-Unis. (RYAN M. KELLY / AFP)

Sous une pluie battante et les cris de joie d’un millier de manifestants, la grue des employés municipaux de Richmond, dans l’État de Virginie aux États-Unis, arrache de son socle la statue de Thomas Stonewall Jackson, l’un des principaux généraux de l’armée sudiste lors de la guerre de Sécession (1861-1865). Richmond est dans le pays la ville qui compte le plus de ces monuments, et la plupart vont être retirés. "Depuis la fin officielle du statut de capitale de la confédération il y a 155 ans, explique le maire, Levar Stoney, un Afro-Américain de 39 ans, nous sommes sous le poids de cet héritage. En enlevant ces statues, nous pouvons enfin commencer à guérir et à nous concentrer sur l’avenir."

Aux États-Unis, plus d’un mois après la mort de George Floyd et les manifestations qui ont suivi, le sud du pays commence petit à petit à tourner la page de son passé esclavagiste et confédéré. Dans plusieurs États, et même à Washington, des manifestants ont déboulonné des statues d’hommes politiques qui, à leurs yeux, symbolisent ce passé esclavagiste.

Ces statues, bien sûr, sont symboliques, mais elles ont placé une ombre sur les rêves de nos enfants noirs.Le maire de Richmond

Plus au sud, le parlement du Mississippi vient officiellement de renoncer à son drapeau, le dernier aux États-Unis à encore arborer l’étendard rouge, bleu et blanc des États esclavagistes. Le drapeau flottait depuis 126 ans à Jackson, face au siège du gouvernement local. La population votera pour de nouvelles couleurs en novembre prochain.

Mais ce retrait des symboles confédérés n’est pas du goût du président Trump, qui a estimé que leur disparition revenait à mettre en pièces l’histoire et la culture américaines.

Retrait des symboles confédérés aux Etats-Unis : écoutez le reportage de Grégory Philipps
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